Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 17:21

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Par Jean Louis ALONSO - Publié dans : ALBUM PHOTOS - Communauté : LE CONTINENT AFRICAIN
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Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 17:17

Après celle de la raison, la critique de la copulation pure s'écrit tous les jours. Une révolution copernicienne est en marche, qui remet en cause ses fondements philosophiques. La volupté ne saurait tourner plus longtemps autour du phallus, comme au Moyen-Âge l’univers autour de la Terre. Le phallocentrisme doit être repensé pour passer à une vision nouvelle capable d’appréhender les nouvelles cosmologies amoureuses. Cette critique a commencé dans les années 1950, quand le professeur Alfred Kinsey, après avoir interviewé 8000 femmes et 5000 hommes américains, révéla que les 3/4 des mâles de ce pays jouissaient en 3 minutes et les femmes affirmaient prendre du plaisir avec le clitoris. Ces nouvelles propositions synthétiques a posteriori ont gagné en force expérimentale en 1960, quand les sexologues Master et Johnson, après avoir reçu des centaines de couples, étonnés que les femmes jouissent si peu, prônèrent le « sensate focus », le toucher sensuel avant le coït. En 1976, le rapport de Shere Hite réalisé grâce à de milliers de questionnaires pour femmes, confirma ces expérimentations en Occident. Il montra que la plupart d’entre elles ne prennent pas tant de plaisir à la pénétration, parviennent bien souvent seules à l'orgasme et, encore une fois, que leur clitoris leur procure d’intenses sensations, souvent négligées par leur compagnon. En 1980, Shere Hite montra aussi que la majorité des femmes mariées depuis plus de cinq ans cherchent, pour se satisfaire sexuellement, des relations avec d'autres hommes, ce qui lui valut d’être menacée physiquement par les traditionalistes chrétiens et obligée de quitter les Etats-Unis ( il faut rappeler que l’encyclique Humanae vitae de la Sainte Eglise, publiée en juillet 1968, année symbole du renouveau radical des mœurs, défendait toujours le « Casti connubii » , le « mariage chaste », où le rapport sexuel doit se limiter à la procréation).

LE DÉSORDRE SYMBOLIQUE

Depuis les années 1920 la psychanalyse, bientôt fort écoutée, prétendant fournir une véritable science sexuelle a priori, affirmait que le clitoris était une ridicule imitation du phallus, la preuve de son absence ("Introduction  à la psychanalyse", Freud, 1920). Ses agaçants plaisirs, jugés "immatures" (sic), relèveraient d’une forme de sexualité infantile, souvent responsable de réactions hystériques (si bien que certains analystes comme Marie Bonaparte proposèrent qu’on l’ampute, ou encore l’opère pour le rapprocher du phallus pendant le coït). Par la suite, beaucoup d'entre eux célébraient "l’orgasme vaginal", reprenant la formule freudienne de 1927 selon laquelle "la suppression de la sexualité du clitoris est la condition requise pour l'entrée dans la féminité". À les entendre, le rentre-dedans résumait toute l’agitation amoureuse, le phallus en était le pivot, tout en s’imposant comme le symbole majeur de l’ordre inconscient : l’axe autour duquel tourne le monde. Encouragés de la sorte, beaucoup d’hommes croyaient qu’à peine ils s’enfournent, la femme se pâme, Dieu ou la Nature l’aurait voulu ainsi. C'est ainsi que le foutage, la baise, le pinage, le pistonnage phallique (qui n'a certes pas que des défauts) l'emportèrent, avec ses excès et sa robotique, bien décrits dans la célèbre chanson de Georges Brassens : "Quatre-vingt-quinze fois sur cent. La femme s'emmerde en baisant. Qu'elle le taise ou qu'elle le confesse. C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses. Les pauvres bougres convaincus. Du contraire sont des cocus"

Cependant, depuis les travaux pionniers de sexologues comme Gérard Swang (1970), puis grâce aux images de synthèse du Dr Hélène 0’Connell (1998), une gynécologue canadienne, nous savons que le clitoris est un grand organe enveloppant le sexe, plein de sang, très innervé. L’orgasme passe par lui, comme nombre de féministes le répétaient depuis les années 1968. C’est un bel animal de la taille d’un phallus, dont il est bon de flatter la crête et la racine, - le fameux point G, identifié en 1982. Le phallus n’y suffit pas, même s’il apporte sa caresse singulière, dans des corps à corps particuliers. Il s’en trouve décentré de l’univers sexuel, comme hier la Terre de la cosmogonie. En ce printemps 2012, deux enquêtes sur le plaisir féminin achèvent cette révolution copernicienne. Dans « Les femmes, le sexe et l’amour » du sexologue Philippe Brenot (ed. Les Arènes), 3000 femmes témoignent. Que disent-elles ? Une sur quatre ignore l’orgasme, malgré un mari limeur. Dans « La révolution du plaisir féminin » (Odile Jacob), où 80 thérapeutes parlent, on apprend que certaines utilisent des sex toys, ces inépuisables phallus égarés, apprennent à leur conjoint à les toucher partout et faire glisser les sensations au-delà des zones génitales. Tout le corps tissé de nerfs en devient érogène, l'amour une grande exploration, une mystique de l'autre. Le centre tellurique est partout. L’univers en expansion. C'est la distribution des petits pains. Le nouveau chemin de Damas. La voie du sacré, comme le voulaient les Tantras. La critique de la copulation pure n'en finit plus de s’écrire

 

Source Lemonde

 

Voir Blog de Frédéric Joignot

Par Jean Louis ALONSO - Publié dans : SANTE - Communauté : partage
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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 16:53

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Par Jean Louis ALONSO - Publié dans : AUTRES VOYAGES - Communauté : desert du monde
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 16:04
 

Mercredi 18 avril, village de Mangaize, une heure de route et puis une heure de piste au nord de Niamey. Il paraît que la région n'est pas sûre. Une sérieuse escorte nous accompagne : trente hommes en armes, des AK 47,une mitrailleuse 12,7.

La rébellion du Mali n'est pas loin : à peine quatre-vingts kilomètres. Des milliers d'hommes et de femmes la fuient. Ils trouvent refuge dans quelques camps établis à la hâte, dont celui-ci, le long d'une " forêt ", en fait quelques arbres rescapés du déboisement général. Les tentes ne sont que des bâches, couleur bleue à l'enseigne de l'Unicef, couleur blanche quand le donateur est le HCR. Les deux gros boudins jaunes, ce sont des réservoirs d'eau.

Une femme se tait, les yeux dans le vague. Elle est assise sur une natte. Elle n'a pour toit qu'une de ces fameuses bâches, tendues entre quatre morceaux de bois. Elle porte dans ses bras un tout petit enfant, qui paraît bien faible. Le traducteur me murmure à l'oreille qu'il est "référencé", c'est-à-dire qu'il vient d'être reconnu comme souffrant de malnutrition grave et que, dans la journée, on va le prendre en charge. Deux enfants se disputent avec une chèvre qui veut leur arracher une bouteille vide.

Soudain la femme se met à raconter. Elle est partie seule avec ses enfants. Elle est partie parce qu'elle avait trop peur pour eux. Ils ont marché quinze jours dans le sable. Des villageois les ont nourris. Et puis, à la frontière, un camion les a transportés. La femme se tait. Le traducteur dit qu'elle doit penser à son mari. Il a choisi de rester là-bas pour tenter de sauver un peu de son bétail. Les rebelles volent tout.

Sous la bâche voisine, un homme raconte qu'il a préféré tout abandonner plutôt que laisser sa femme et ses deux enfants. Ils n'ont emporté qu'une valise de fer. Qu'est ce qu'il attend ? La paix ! Vous croyez qu'elle reviendra vite ? Plus loin, une femme semble d'humeur joyeuse. On m'explique qu'elle vient d'apprendre qu'on a vu son frère vivant. Elle le croyait mort. Il arrivera d'ici deux, trois jours pour lui apporter de l'aide.

Mon traducteur s'impatiente. Vous allez écouter tous les réfugiés ? Ils ont tous la même histoire ! Allons plutôt visiter le club. Quel club ? Celui que l'Unicef a ouvert pour distraire les enfants. "Autrement, ils ont des idées trop tristes". Je pénètre dans une grande tente, façon mariage. Les enfants doivent être une bonne centaine. Tout joyeux, ils apprennent des chansons. Plus tard, ils joueront. Au foot pour les garçons, au volley pour les filles.

Le camp de Mangaize abrite pour l'instant près de 3 000 personnes, dont beaucoup, beaucoup d'enfants mal nourris (les diagnostics exacts sont en cours). Et le flux de réfugiés continue.

En revenant du camp, je pensais au Niger, à ce vaillant et pauvre pays parmi les pauvres : accablé déjà par tous les maux possibles, il n'avait pas besoin d'une guerre à ses frontières. Tout le monde sait que l'effondrement de Kadhafi a dispersé des armes dans tout le Sahara. Mais il a aussi asséché les flux de revenus qu'envoyaient au pays les 250 ou 300 000 Nigériens qui travaillaient en Libye. Et à l'autre bout du pays, une autre rébellion s'agite autour du lac Tchad et au Nigeria. Elle a pour seule ambition d'installer la charia et s'est choisi un nom qui dit tout : Boko Haram, qui pourrait se traduire par "l'éducation moderne est un péché" - en d'autres termes, celle qui est ouverte aux filles... Oui, pauvre Niger, au cœur du désert en même temps que dans l'œil du cyclone.

Voir : Dans le camp de réfugiés de Mangaize

Niamey. Dans le nouveau quartier qui a surgi tout autour de l'aéroport, un centre de santé, soutenu par l'UNICEF. Et je me retrouve au cœur d'une foule bigarrée, rien que des femmes et de tout jeunes marmots, les uns dans les bras de leurs mères, les autres suspendus dans leurs dos. Ce petit peuple va et vient entre une demi douzaine de bâtiments de plain pied. On dirait un village, un peu particulier. Je m'y repère assez vite. Dans la maison de droite, ce doit être l'accueil : on y suspend les gamins à une balance, puis on mesure leur taille et la circonférence de leurs tout petits bras. En face, on poursuit les examens et commence à soigner. Un peu plus loin, on distribue des petits sachets brillants qui, selon toute probabilité, ne peuvent être que des aliments thérapeutiques. Les enfants ont l'air d'aimer, ils tètent une pâte qui m'a l'air de ressembler à notre cher Nutella, en plus clair... De l'autre côté de la cour, de très jeunes filles écoutent religieusement une femme qui commente des dessins : à n'en pas douter un enseignement prénatal. Plus loin, un bureau d'état civil.

On me cherchait partout, on doit me présenter le chef de ce village. Une haute blouse blanche s'avance. Tout le monde l'appelle Major. C'est une infirmière : Madame Sabo Salamate. Merci à cette grande dame ! Entre les incessantes demandes de ses collaboratrices, les consultations de dossiers, les colères au téléphone pour exiger une ambulance, les réconforts aux mères et les caresses aux bambins plus ou moins décharnés, elle a bien voulu me parler.

- " En zone rurale, des agents de santé établissent un premier diagnostic. En zone urbaine, les centres tels que le nôtre sont en première ligne. Comme vous avez vu, ils accueillent toutes les femmes qui se présentent et ils évaluent la gravité des cas. Il faut savoir que dans notre pays, au delà des cas de malnutrition aigüe qui engagent le pronostic vital, un enfant de moins de 5 ans sur deux ne reçoit pas la nourriture qui lui serait nécessaire pour une croissance normale. L'existence d'un enfant sur deux est ainsi rabotée par des séquelles définitives, aussi bien physiques que cognitives. Autant de désastres personnels ! Et quel gâchis pour un pays qui aurait tant besoin de toutes ses forces vives pour se développer. Vous connaissez le Niger ?"

Peu convaincue par ma réponse, elle préfère enfoncer le clou :

- " Nous avons deux tiers de désert ! Et, pour le reste, des terres livrées pour produire au bon plaisir des pluies. Ah ces pluies ! Si je les tenais ! Elles ont beau avoir leur "saison", elles tombent à leur guise et de plus en plus rarement. Allez voir les Anciens. Ils vous raconteront un temps où les famines ne revenaient qu'après de longues périodes d'abondance. Tout va plus vite aujourd'hui, y compris les désastres : 1973, 2005, 2010. Maintenant, c'est chaque année qu'il manque de quoi manger. " Nous tombons vite d'accord. Un accord que semble désormais partager l'ensemble des ONG rencontrées plus tard : lorsque l'urgence ainsi se répète, c'est que l'état du monde a changé. Bien sûr, comme avant, on courra au plus pressé. Et qui osera contester l'action de celles et ceux qui sauvent des vies d'enfant ? Mais cette récurrence des crises commande de s'attaquer aux structures, aux raisons mêmes de cette endémie de la faim.

Un moment de répit dans la consultation permet à la Major de poursuivre. Elle insiste sur la complexité de la malnutrition, le grand nombre de ses causes.

"Tout vient de la pauvreté, bien sûr. Quand on n'a rien ou si peu, comment nourrir ses enfants ? Chez nous, les deux tiers de la population vivent avec moins d'un dollar par jour. Mais même avec un peu plus d'argent, il faudrait apprendre à bien s'alimenter. La plupart des femmes ne savent pas encore que durant les six premiers mois, le seul régime sûr, c'est l'allaitement exclusif ; et qu'après, il faut équilibrer, et pour cela oublier des tabous imbéciles. Par exemple celui des œufs. Beaucoup pensent encore qu'en donnant des œufs à ses enfants, on en fera des voleurs !"

Madame Salamate m'explique l'enchainement malnutrition-faiblesse-maladies. Elle résume, elle simplifie, elle s'en excuse : tant de tâches l'attendent ! Elle me dit sa confiance : si nous réussissons à multiplier les centres comme celui-ci, nous ferons beaucoup reculer les décès. Elle me dit son angoisse : "Le gouvernement a proclamé la gratuité des soins ; je paie, il rembourse ; mais il n'a plus assez d'argent : il me doit vingt-sept mois d'arriérés ! Comment je fais, moi, pour acheter les médicaments ? Je sais bien qu'il ne sert à rien de donner aux femmes des ordonnances : beaucoup n'ont pas de quoi régler la pharmacie."

Alors j'ose la question qui me brûle depuis mon arrivée :

- "Pourquoi, mais pourquoi tellement d'enfants ?" J'ai regardé les chiffres en venant : sept enfants par femme au Niger en moyenne ! Record du monde.

Madame Salamate continue de me sourire. Et sans rien dire, elle m'entraîne vers la maternité et me montre un bureau minuscule. Contre sa porte une pancarte indique "Pour faciliter la vie et améliorer la santé, espacez les naissances".

Et elle me quitte. Tout le monde la réclamait. Je frappe. Une sage femme, plutôt désœuvrée, va m'exposer la difficulté de sa bataille : " "Contrôler" les naissances, personne ne l'accepterait. Les religions détestent la contraception. Les hommes, c'est presque pire : quand ils n'engendrent plus, ils se croient impuissants. C'est pourquoi nous défendons " l'espacement".
Elle m'ouvre une sacoche qui contient tout le "kit" : plaquettes de pilules, stérilets avec schémas explicatifs, préservatifs, sexe masculin en bois..." Je me permets de lui faire remarquer qu'on n'a pas trop l'air de se bousculer pour recevoir ses conseils. "Il faut les comprendre. Tellement d'enfants meurent ! Quand on les soignera mieux, les familles auront moins besoin de multiplier les naissances. Tout commence par les femmes, leur éducation bien sûr et aussi, et d'abord qu'on les respecte mieux !"

J'aurais volontiers assisté au cours de cuisine, à l'usage des jeunes mères. Mais l'Université m'attendait, avec des agronomes, des sociologues et des géographes. Leurs recherches s'intéressent à la capacité productive du pays. En mobilisant mieux les ressources, il devrait pouvoir répondre aux besoins de la population. Après tout, dans les régions du sud, il y a des bonnes terres, du soleil bien sûr, et de l'eau en abondance, grâce au fleuve Niger. Il suffit de donner la priorité à l'irrigation. Les autres conditions de l'autonomie alimentaire sont connues : amélioration des infrastructures, notamment les transports (comme partout en Afrique, près du tiers des récoltes pourrissent aux bords des champs, faute d'être enlevées à temps). Clarification du foncier. Lutte contre la spéculation, qui permet à de grands marchands d'affamer en stockant le grain pour atteindre les meilleurs cours. Construction de filières : pourquoi les immenses troupeaux nigériens sont-ils si souvent vendus sur pieds au riche voisin Nigérian, qui empoche toute la valeur ajoutée ?

Et ces savants de s'emporter : pourquoi ne recevons-nous d'aide qu'en cas de famine, à la vue d'enfants mourants ? Pourquoi seule cette émotion, un peu malsaine et voyeuse, entraine-t-elle la générosité ? Pourquoi préfère-t-on toujours guérir que prévenir ? Le lendemain, le Haut Commissaire à l'Initiative 3N me tiendra le même langage. Son ambition tient dans son titre : "Les Nigériens Nourrissent les Nigériens". Et il est rattaché directement au président Issoufou. Lui aussi m'alertera sur l'urgence, toutes ces vies en danger dans les semaines qui viennent. Mais lui aussi m'implorera de plaider en Europe pour cette cause hélas bien démodée, oubliée de nos jours : l'aide publique au développement.

Une dernière rencontre confirmera ma conviction : le Niger tout entier se mobilise et il a besoin d'appui. Elle s'appelle Fatchima Cissé et dirige la Société de Transformation Alimentaire (STA). Sur un brevet de l'entreprise française Nutriset et de l'Institut de Recherche pour le Développement, elle fabrique les aliments thérapeutiques qui, en quelques semaines, permettent de sauver les enfants mal nourris. Pour ce faire, elle importe du sucre brésilien, du lait français, des vitamines et autres sels minéraux d'un peu partout. Mais c'est du Niger que vient, non sans mal, son arachide. Elle lutte pour forcer les producteurs à respecter leurs engagements, de prix et de qualité. Oh la vaillante personne ! Qui dirait que derrière son apparente indolence le long de son fleuve, sous cette chaleur accablante malgré l'ombre des acacias, Niamey la belle est riche de tant d'énergies ?

Avant que la nuit tombe, j'aurai juste le temps de saluer la modernité nouvelle de certains camélidés. Leurs confrères dromadaires continuent de porter du fourrage ou de tirer des charrettes pleines de petits bois. Eux jouent les animaux sandwiches : aux feux rouges, ils arborent fièrement de longues tuniques où l'on chante les louanges de la téléphonie mobile Orange.

Alerte, alerte dans tout le Sahel ! La menace n'est pas seulement militaire, islamiste et terroriste. Dans le seul Niger, quatre cent mille enfants risquent de mourir de malnutrition. Bientôt. Faute de prise en charge rapide. Les traitements existent ; les équipes, compétentes, sont là, sur le terrain, pour les appliquer. A nous de jouer. Et de continuer notre appui, pour que chaque année ne revienne pas l'urgence.

Erik Orsenna

 

Source : leMonde.fr

Par Jean Louis ALONSO - Publié dans : HISTOIRE & GEOPOLITIQUE - Communauté : LE CONTINENT AFRICAIN
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 14:03

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Par Jean Louis ALONSO - Publié dans : ALBUM PHOTOS - Communauté : partage
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 10:30

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Par Jean Louis ALONSO - Publié dans : ACTUALITES - Communauté : partage
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Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 14:01

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Par Jean Louis ALONSO - Publié dans : ALBUM PHOTOS - Communauté : partage
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Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 13:36

Pas un mur sans impact de balles. Le long des principales artères qui mènent au centre de Misrata ou qui encerclent la ville, tous les bâtiments, sans exception, portent les stigmates des mois de combats qui ont failli faire disparaître la ville libyenne. Alors que la cité est “libérée” depuis une dizaine de mois, les carcasses de véhicules, les maisons brûlées et les palmiers décapités font toujours partie du paysage, emblèmes d’un siège violent et sauvage par lequel Mouammar Kadhafi entendait soumettre non seulement une ville, mais un pays entier, entré en rébellion contre ses quarante-deux ans de règne.

Avenue de Tripoli, à Misrata, avril 2012Avenue de Tripoli, à Misrata, avril 2012© Thomas Cantaloube

Sur l’avenue de Tripoli, la principale voie d’accès au centre, où se sont concentrés les combats les plus intenses, les bâtiments calcinés et à moitié effondrés continuent de scruter, telles des vigies silencieuses et morbides, la vie qui a repris son cours. Tous les habitants de Misrata s’accordent sur la nécessité de reconstruire au plus vite et de faire disparaître ces gravats noircis pour rebâtir une nouvelle ville autant qu’une nouvelle vie. En même temps, ces ruines servent un objectif immédiat en cette période post-révolutionnaire : rappeler que la révolution libyenne n’a pas triomphé à coup de manifestations et de sit-in comme chez ses voisins égyptiens et tunisiens, mais au prix d’une guerre et de bombardements étrangers.

Un « musée de la révolution » a vu le jour sur l’avenue de Tripoli, à l’emplacement d’un concessionnaire de voitures. Y sont exposés les divers armements récupérés sur les champs de bataille (tanks, missiles, douilles innombrables), mais aussi des prises de guerre plus glorieuses ramenées de Tripoli : l’immense aigle métallique qui ornait l’entrée de la caserne des forces d’élite dirigées par Mouatissim Kadhafi, ou la statue commémorant les bombardements américains de 1986 qui trônait encore au mois d’août au cœur de la résidence du dictateur.

À l’intérieur, des murs entiers sont décorés avec les photos des « martyrs » de la révolution à Misrata. Les clichés, tous similaires, visage de face, fond bleu, produisent un effet hypnotique qui permet de mieux comprendre la douleur et le ressentiment des survivants.

« À Misrata, 1 400 morts, 13 000 blessés, 1 000 handicapés… », égrène Salem Mohamed Joha, un ancien militaire qui a fait défection aux premiers jours du soulèvement contre Kadhafi, avant de prendre la tête des forces rebelles en ville. Il ajoute : « Et des choses dans la tête qu’on n’oubliera jamais… » Pour la troisième cité libyenne par la taille (280 000 habitants), surtout réputée pour ses paisibles activités commerciales, cela fait beaucoup.

Le mur des martyrs, au musée de la révolution à MisrataLe mur des martyrs, au musée de la révolution à Misrata© Thomas Cantaloube

La bataille de Misrata, qui a duré de février à mai 2011, n’est pas uniquement devenue le symbole de la révolution libyenne en raison de la violence des affrontements qui opposaient une population civile dos à la mer à des forces loyalistes mieux armées et bien ravitaillées, mais surtout parce la résistance des habitants a permis de maintenir l’unité de la Libye. Il suffit de regarder une carte pour comprendre. À la fin du mois de mars 2011, après les premières frappes de l’OTAN, il y avait de facto, deux Libye : l’une à l’est de Syrte, libérée de la dictature, protégée par les Occidentaux, centrée sur Benghazi, et l’autre à l’ouest, toujours contrôlée par Kadhafi et les siens, solidement ancrée à la capitale Tripoli. À ce moment-là, beaucoup d’analystes prédisaient une scission du pays en deux entités.

Si Misrata, localisée à l’ouest, n’avait pas résisté, et si les rebelles de Benghazi, appuyés par les forces de l’OTAN, n’avaient pas organisé un pont maritime pour apporter armes, combattants, médicaments et nourriture aux assiégés, c’en eût probablement été fini de la Libye unie. « Misrata a joué un rôle capital en unissant l’est et l’ouest de la Libye, quand le régime de Kadhafi voulait couper le pays en deux pour assurer sa sauvegarde, affirme Abdallah Mohamed Darwich, chef d’une phalange combattante. Ensuite, une fois libérés, nos guerriers sont partis aider les autres villes à l’est, à l’ouest et au sud. »

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L'élection d'un conseil local

Dans un pays qui n’a été unifié pour la première fois qu’en 1951, cette symbolique de la ville martyre, qui a préservé l’intégrité de la Libye grâce à son sang, demeure forte. Au début du mois de mars 2012, il fallait encore montrer patte blanche pour pénétrer dans « la république autonome de Misrata », si l’on n'était pas soi-même un habitant de la ville. Aujourd’hui, il y a certes un check-point de containers empilés et gardés par quelques blindés qui contrôlent l’entrée de la cité, mais le passage est fluide.

Bienvenue à Misrata, l'entrée de la villeBienvenue à Misrata, l'entrée de la ville© Thomas Cantaloube

Vu de Misrata, mais aussi de Benghazi ou de Tripoli, la notion d’un éclatement de la Libye n’est pas une considération sérieuse, même après la déclaration d’indépendance rédigée par plusieurs tribus de la Cyrénaïque (à l’est). « La Libye, c’est comme une famille, on ne va pas séparer le père à un endroit, la mère dans un autre, et les enfants encore ailleurs », plaide Rustom Grada, un avocat de Tripoli dont une partie de la tribu s’est installée à Benghazi, il y a quatre générations.

« Dans les années 1950, les tribus se sont unies pour créer un pays sans se connaître, renchérit Ahmed Abu Daya, un comptable originaire des montagnes berbères, au sud de Tripoli. Maintenant, les Libyens se connaissent, se sont mélangés, et n’ont aucune envie de se séparer. »

Même son de cloche chez un diplomate européen : « L’unité du pays est l’un des rares acquis du kadhafisme. Mais il est clair que c’est un pays qui est un assemblage de villes. Il faut donc définir la relation entre les villes et la capitale. » Et ne pas recommencer l’erreur de Kadhafi qui a consisté à centraliser tous les pouvoirs à Tripoli, irritant au plus haut point tous les Libyens obligés de se rendre dans la capitale pour toute démarche administrative. « Il ne faut pas attacher trop d’importance à la déclaration d’autonomie des tribus de l’est. C’est plutôt un message d’alerte adressé au nouveau pouvoir afin de faire valoir certaines revendications locales », assure le diplomate. Une de ses collègues ajoute : « Le Conseil national de transition a surjoué cette déclaration d’autonomie, reprise dans tous les médias internationaux, pour pouvoir ensuite organiser des manifestations contre la partition et ressouder le pays. »

Comme dans d’autres pays nés du legs colonial, traversés par des fractures ethniques, claniques ou politiques, et dont on a prédit l’éclatement au lendemain d’une guerre ou d’une invasion (on pense à l’Irak ou l’Afghanistan), le sentiment national demeure un ciment très puissant en Libye. Comme tous les dictateurs qui ne veulent voir qu’une tête, Kadhafi a nié les spécificités ethniques ou régionales, et cherché à écraser les autonomies locales. Aujourd’hui, les Libyens entendent récupérer ces droits tout en préservant leur nation telle qu’elle existe depuis soixante ans.

Les débats sur la forme du futur État libyen (fédéral ou pas) ont démarré mais, avant qu’ils ne soient tranchés par l’assemblée constituante qui devrait être élue fin juin, certaines villes ont pris les devants. Zouara puis Misrata ont élu des conseils locaux, Benghazi devrait bientôt suivre. 65 % des habitants de Misrata ont participé à cette élection qui s’est tenue de manière transparente, avec des urnes en provenance de Tunisie et de l’encre indélébile acheminée de Grande-Bretagne. « La guerre étant finie, nous avons décidé qu’il était temps de reconstruire le pays par les élections, raconte Youssef ben Youssef, un ingénieur de 50 ans, élu à la tête du Conseil. Si l’on veut créer un gouvernement fort, il faut commencer par les conseils locaux. »

Cette stratégie est également promue par l’activiste de Benghazi, Hana el-Galal, une des premières membres du CNT, qui en a démissionné assez vite, déçue par les errements de cet organe de transition. « C’est en élisant des conseils locaux que nous pourrons changer la composition du CNT, qui sera obligé d’incorporer des élus, promet-elle. Nous mettrons ainsi des élus locaux en position de force face à un gouvernement national non élu. Il ne s’agit en aucun cas de séparatisme, mais de se battre contre le centralisme et les instances bureaucratiques non élues. »

Le musée de la révolution sur Tripoli StreetLe musée de la révolution sur Tripoli Street© Thomas Cantaloube

En sortant de Misrata, un panneau publicitaire accroche le regard. Il vante les vols directs de la compagnie aérienne Turkish Airlines, de Misrata vers la Turquie. Rien que cela, c’est une nouveauté considérable dans un pays où, sous Kadhafi, tous les trajets en avion vers l’étranger devaient partir de Tripoli. « L’élection que nous avons organisée à Misrata, nous l’avons faite pour toute la Libye, certifie Youssef ben Youssef. Et si nous y sommes parvenus malgré nos plaies, tout le monde peut y arriver. »

 

Sources : Mediapart.fr

Par Jean Louis ALONSO - Publié dans : LIBERTE D'INFORMATION - Communauté : partage
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 13:58

IRAN-1-2009 0199001

Par Jean Louis ALONSO - Publié dans : ALBUM PHOTOS - Communauté : partage
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 13:25

Photo 450

Par Jean Louis ALONSO - Publié dans : AUTRES VOYAGES - Communauté : LE CONTINENT AFRICAIN
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