Exposé actuellement à Berlin, le photographe japonais Daikichi Amano s’est spécialisé dans les étreintes extrêmes: ses modèles font l’amour avec des poulpes, des crapauds, des holothuries ou des poissons sans écailles.
Vers 1820, le peintre japonais Katsushika Hokusai signe une estampe mythique -Ama to tako («la plongeuse et le poulpe») également connue sous le titre «Le rêve de la femme du pêcheur»- que Huysmans décrit ainsi: «une Japonaise couverte par une pieuvre; de ses tentacules, l’horrible bête pompe la pointe des seins, et fouille la bouche, tandis que la tête même boit les parties basses. L’expression presque surhumaine d’angoisse et de douleur qui convulse cette longue figure de pierrot au nez busqué et la joie hystérique qui filtre en même temps de ce front de ces yeux fermés de morte, sont admirables.» Jouit-elle? Rêve-t-elle? Meurt-elle? Edmont Goncourt lui-même ne sait comment interpréter cette vision «de femme évanouie dans le plaisir, sicut cadaver [comme un cadavre] à tel point qu’on ne sait si c’est une noyée ou une vivante, et dont une immense pieuvre, avec ses effrayantes prunelles aspire le bas du corps, tandis qu’une petite pieuvre lui mange goulûment la bouche.»