“La sexualité est toujours transgressive, sinon, elle ne serait pas excitante”. Pour Philippe Laporte, auteur de L’érotisme ou le mensonge de Freud, la sexualité est une énorme machine à surmonter nos peurs, dont la transgression servirait de moteur. Mais attention. Pas n'importe quelle transgression.
Il est assez courant d’entendre des intellectuels s’indigner de ce qu’ils nomment la “désacralisation du sexe”: “Tout est montré, il n’y a plus de mystère, se plaint par exemple le psychanalyste Thémélis Diamantis, dans une émission de la Radio Suisse Romande consacrée à la pornographie. Il n’y a plus d’espace pour rêver, plus de nourriture pour l’imagination. C’est un changement considérable dans le vécu.” Suivant sa logique un brin passéiste, la libido ne peut que mourir d’inanition dans un monde “sans tabous”, qui met les sexes en pleine lumière et montre l’acte de façon naturelle, avec autant de franchise que s’il s’agissait d’un documentaire sur la reproduction animale. “Il n’y a plus de possibilité de transgression” ajoute Thémélis Diamantis, avec un soupir. Pour lui, de toute évidence, les seules transgressions valables sont celles qui touchent à la nudité et au plaisir. Et s’il existait d’autres transgressions, bien plus “primordiales” que celles générées par le puritanisme religieux ?
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