CARNET DE VOYAGE 2006-2007.
Sixième épisode : « Que du beau ! »
Dans ce sixième épisode je vais essayer de vous faire partager ttes les émotions que j’ai ressenti dans l’Aïr, le Tafassasset, le Djado et le Ténéré. C’est l’épisode du Beau ! Du très beau, ce que j’avais imaginé et vu à la télé ; je suis dans la télé, c’est magique. Traversez, si vous ne l’avez déjà fait un jour le Tafassasset, arrivez au col des Chandeliers et passez à Chirfa ! Ouf ! « Que du Beau ! »
Revenons au voyage : Au départ de Assamaka nous ne prenons pas la direction d’Arlit mais plein sud vers Tegguidda-n-Tessoum, ce qui nous vaudra quelques séances de jardinage et de coup de gueule avec ………… devinez Qui ? Damien (non pas lui) est excédé mais il se calme vite ! Comme il dit : « Je suis consensuel ! »
Premier bivouac Nigérien à l’Est de In-Abangharhit, en pleine zone d’élevage peul, j’aime ces régions sahéliennes, désertiquement belles et pleines de vie, petits troupeaux, grands troupeaux, petits villages, quelques campements et beaucoup de pistes. « Que du beau ! » Passons à proximité d’un puits, ça bosse dur ! Faisons beaucoup de photos et distribuons quelques médoc.
Nous sommes début décembre, le 2. Avons tous hâte d’arriver à Agadez, repos et auberge d’Azel oblige ; un peu de confort, c’est pas de refus. Pour ma part je suis heureux de revoir Philippe et Muriel. Ils ont l’air d’aller bien mais donnent l’impression de s’emmerder un peu, je suis invité à la maison des Enfants de l’Aïr. « Souvenirs »
Chantal et Jacques reprennent le chemin du retour.
Déjà 9114 kms parcourus depuis Castelsarrasin.
Au programme, concocté par Damien qui le tient de son beau frère Akly, la bordure Est de l’Aïr, le Tafassasset, le Djado, Dirkou, le Ténéré par Fachi et retour : compter 15 jours.
Nous partons à 3 voitures, Damien & le guide Sidi, MD & P et JLA.
Mercredi 6 décembre, c’est le départ, 330 litres de GO chacun + 110 litres d’eau (pour les ablutions matinales de Damien) + 12 bouteilles d’eau « A boire » + X kgs de patates + 2 bouteilles de Pastis achetées chez la Libanaise + …………… Il ne manquera rien !
Prenons la rte de Dagaba puis plein Est vers Akrereb. J’ai plusieurs fois traversé l’Aïr par le passé mais jamais par la bordure Est. Premier jour, parcourons 150 kms à 28 km/h de moyenne, c’est superbe et à cette vitesse on a parfaitement le temps d’admirer le paysage. C’est Vert et Minéral à la fois. « Que du Beau ! »
Bivouac prés d’une guelta en eau, endroit magique, immense silence ! Ces lieux sont merveilleux, faut que j’appelle D ce soir pour partager !
Départ pour la faille de Ighabelaben (Prononcer IRABELABEN) ; peu après le départ petit incident : émotion sur la voiture de Pierre E, un petit caillou entre le disque de frein avant et le carénage : ça nous a pris un bon ¼ h et on a craint le pire.
Arrivons au village en bas de la faille ; comme prévu mes avis avec sac à dos, bonnes chaussures et couvre chefs adaptés partent pour le sommet du plateau des Bagzanes par la faille. Je reste seul, les enfants s’approchent, je donne des graines de tomates et de poireaux ainsi que des colliers autos serrant ; un vieux viens me voir, il a une mauvaise blessure au pied, entre 2 orteils, c’est pas beau du tout, je fais ce que je peux et joue au « French Doctor ».
Une femme gaule un acacia, les chèvres adorent les fruits de ces arbres, elle est entourée de 5 enfants, des dents épouvantables, une gingivite + + + et la 11 a déjà fait la malle.
Une 10 éne d’ânes chargés chacun de 2 sacs de pommes de terres sont déchargés tout prés de moi. Ils ont croisés en descendant « Le Lion des Bagzanes », c’est Wanda le chien de MD & Pierre ; grands moments de frayeur. . . . . pour eux !
Le ciel est lui aussi chargé . . . . de poussière, visibilité moyenne et cependant pas de vent. L’air est doux et lisse, comme j’aime, il fait bon à l’ombre.
14h30, les ânes et les âniers sont repartis à vide, je m’ennuie un peu, j’ai réussi à bien fermer la bonde de mon réservoir d’eau mais la boite de transfert fuit tjrs.
La vie coule doucement, pas comme en France ; mon PC et Internet ne me manquent pas. Rien ne me manque. Mais que vais-je faire au retour ? Je n’ai pour le moment pas du tout envie de rentrer. Il m’arrive de penser à Valérie mais c’est bien rare, la page est définitivement tournée. Je ne pense pas bp à mes enfants, peu à ma mère et ma sœur !
Suis à l’ombre de l’auto, les hommes font la prière ; j’aimerais bien apprendre et faire comme eux. Hier à Agadez prés du marché je me suis retrouvé devant la mosquée, les hommes priaient en cadence et cette communion m’interpelle !
Mes amis reviennent de leur balade au sommet des Bagzanes, MD a l’air crevée, je crois qu’elle n’est pas partie avec la bonne paire de chaussure, Wanda a soir et mal aux pattes ………. Elle aussi !
Nous repartons vers le nord et traversons quelques très beaux villages très peu visités, les touristes ne passent pas par la frange Est de l’Aïr ! Tant mieux ! « Que du Beau ! »
Approchons de Timia, la piste est cassante ! En prévision des jours suivants, nous faisons les compléments de plein (GO à 600 FCFA soit 0.92 €) à Timia. C’est l’heure de casser la croûte, on s’éloigne du centre afin de ne pas subir le harcèlement des petits vendeurs. Mais peine perdue, même à 3 ou 4 kms, nous sommes rattrapés et envahis, alors, en désespoir de cause, je fais comme eux et sur une pièce de tissus noire, j’installe à coté d’eux, bien dans l’alignement mes « Articles à moi ! » Grands moments de rire lorsque mes amis me voient ainsi au travail ! Je n’ai pas réussi à faire du profit, ce n’était pas l’objectif, je me suis juste fait rouler ! Mais « Que du Beau » pour le cœur !
Quittons Timia avec 2 ou 3 kg de pamplemousses, un vrai égal ! Au nord piste cassante (18.2 km/h de moyenne ce jour là).
Le 9 décembre nous arrivons à Agamgam, Akly et son équipe sont là. Ils assurent la logistique de cinéastes et acteurs espagnols qui tournent un film sur l’immigration. Bons moments et soirée arrosée avec ces espagnols .
Dans l’aprem, Akly nous balade dans les dunes, géant, nombreuses gazelles « Que du Beau ».
Le lendemain Arakao et bivouac dans l’oued Issaouane. « Que du Beau »
Mais le plus beau est a venir et c’est sur les Montagnes Bleues appelées Izouzadene que nous passerons la nuit suivante ; montée difficile mais réussie par tous ……….. plus ou moins laborieusement ! Depuis Agadez avons parcouru 922 km et le plus difficile reste à faire. Après Chiriet, la porte du Tafassasset s’ouvre, frappez les 3 coups, le rideau se lève !
Fin du sixième épisode. A suivre . . .