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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 16:22
(Légende : distribution d'eau à Port-au-Prince le 18 janvier 2010. Crédit photo : Unicef Suède/Flickr)
 
Chronique - Après la dictature, l'instabilité politique et le séisme de janvier, la maladie frappe l'île. Aucune fatalité derrière ce drame, rappelle l'humanitaire Herman dans un coup de gueule salutaire. L'assainissement de l'eau – ou plutôt son absence – explique tout.
Après avoir enduré les conquistadores massacreurs d’Indiens, porteurs de la grippe espagnole, les dominicains, zélés évangélisateurs à marche forcé, déicides, l’esclavagisme forcené de sa population par les Français, après avoir subi le fer et le feu, les coups de trique du contremaître comme les coups de triche du Maître Impérial américain, les coups du sort d’un climat malveillant, souffert les coups d’Etat et les mises au cachot, les mises en coupe réglée et les mises en bière, subi l’occupation des GI’s et l’occupation de la Minustah (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti), le tremblement de terre, l’invasion ONGiste dont je suis par ailleurs partie prenante et la dictature, il ne manquait plus qu’une bonne vieille épidémie de choléra. Déjà 3 000 affectés, 250 morts. Ben voyons.

Les pleureuses du dimanche sont déjà de sortie. Plaintives. Et débiles : « Décidément, pauvre pays maudit… » Les discours fatalistes et misérabilistes sur ce pays commencent vraiment à me seriner et me taper sur le coquillard. Rien de fatal, pas de destinée manifeste, point de hasard catastrophique et surtout, surtout, pas de « malédiction » pour ce pays.

Non. Car vois-tu, ma chère, mon brave, la chaîne du choléra, c’est l’eau potable ET l’assainissement. Simple. Ce sont des droits, des services de base, absents en Artibonite, le grenier du pays si, si pauvre et vulnérable, sans réforme agraire ni investissements de bases, et région encore plus fragilisée depuis qu’elle a reçu solidairement de nombreux déplacés du 12 janvier.

Point de fatalité. C’est du choix. Du choix politique. Pas de services, pagen eau pour toi, neg’ des mornes, paysan pouilleux, gueux, neg zabitan. Crève ! La paysannerie haïtienne a toujours été, volontairement, sacrifiée. Par les donations de riz des américains. Par l’élite politique (noire) sous la bienveillance de la vraie élite économique – réelle donc – métisse/créole et partiellement, aussi, syro-libanaise. Pas d’eau, pas d’assainissement, rien.

La France, qui compte les deux grands groupes qui font (bien ?) l’un et l’autre eau + assainissement, devrait être plus « présente » sur le terrain pour lutter contre le « vibrion ». Notre Président et son ministre des Affaires étrangères pourraient peut-être se fendre d’une initiative… Non, je déconne. Pas rentable, les gueux de l’Artibonite. Quand on se targue de « piloter le G20 », on n’a pas le droit de laisser « filer » une initiative/entreprise humanitaire. Non, je déconne, bis.

Le choléra, c’est le manque d’eau potable + d’assainissement. Simple, non ? On enverra au mieux quelques volontaires français du service civil à la con, des post-pubères qui ne savent goutte du contenu de leur mission (véridique, j’en connais un…) en débarquant ici, comme c’est le cas depuis quelques jours. Quant à l’ONU, voila un test pour mesurer sa réactivité, sa coordination. Espérons que les entités responsables seront à la hauteur.

Ce billet a originellement été publié sur le blog d’Herman, Débris d’Haïti

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Published by Jean Louis ALONSO - dans ACTUALITES
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