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Voyages aux 4 coins de la planète mais aussi "Voyages Intérieurs" États d'âme et coups de gueule

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Saucisson à la Goutte d'Or, nems à Belleville : relativisme et confusion

Ni les prieurs publics de la rue Myrha ni les loubards de Belleville ne sont les porte-paroles de minorités opprimées. Ils en sont les ennemis.

Spring roll Je crois que c'est à Dounia Bouzar, et à son livre « L'Islam des banlieues », que l'on doit les réflexions « de terrain » les plus pertinentes sur la confusion qui règne souvent entre un désir sincère, légitime, de lutter contre le racisme et la justification de comportements inacceptables.

Dans cet ouvrage déjà ancien – il date de 2001– la sociologue évoque l'attitude de travailleurs sociaux non-musulmans intervenant dans des familles maghrébines mais ne condamnant pas ce qu'ils perçoivent comme des « comportements déviants » (violence, sexisme, etc.) au nom d'un relativisme culturel absurde. Pour résumer : battre sa femme ne serait un délit que dans l'étroit contexte français, mais une « tradition » et même un « droit » dans le pays d'origine des familles visitées…

De quoi décourager les militantes féministes qui,
au Maroc ou en Algérie, prennent de vrais risques en luttant contre leurs versions respectives du « code de la famille », cette charia à la mode maghrébine. De quoi aussi faire bondir les militantes féministes françaises qui se souviennent que tabasser « son » épouse n'a pas toujours été aussi universellement réprouvé dans l'Hexagone.

Mais cette manière d'entériner ou, même, de légitimer les comportements les plus objectivement condamnables va souvent bien au-delà du cercle de familles dysfonctionnelles, comme le montrent ces deux affaires récentes : l'apéro-saucisson de la Goutte d'Or et la révolte des commerçants asiatiques de Belleville.

A la Goutte d'Or, une nébuleuse d'associations indiscutablement racistes décide de provoquer un peu de buzz en organisant ce qu'elle présente comme sa version moderne de la Reconquista. « Les musulmans ont pris le contrôle du XVIIIe arrondissement et chassé les charcutiers à la face rubiconde de notre enfance, expliquent-ils à longueur d'interviews complaisamment accordées, allons leur rendre hommage en croquant du Justin Bridou à l'heure de la prière ! »

On pourrait se contenter d'ignorer ces mouvements racistes « classiques » et en quête d'affrontement, le
recours à Facebook ne leur conférant ni la modernité ni la nouveauté que certains croient déceler chez eux. Mais non : on ne les ignore pas, on ne les traite pas par le mépris et, mieux, on se croit même forcé de clamer que le blocage des rues par les prieurs est une chose normale, banale et, à tout prendre, la conséquence logique d'un racisme institutionnel empêchant les musulmans de la rue Myrha de disposer de lieux de culte dignes de ce nom…

Les musulmans qui prient dans la rue dans le XVIIIe ou, du moins ceux qui organisent les prières du vendredi soir en bloquant les trottoirs et la circulation depuis des années, sont pourtant bel et bien des «
militants » dont la démarche marketing est aussi transparente que celles des Identitaires et autres « ultra-laïques ». Et de la place dans les 75 mosquées parisiennes, il y en a. Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée du Jardin des Plantes invite d'ailleurs les fidèles à le rejoindre en fin de semaine s'ils se sentent vraiment trop à l'étroit ! Sans parler de l'absence de nécessité d'un lieu spécifique pour prier chez les musulmans, ou encore du fait que la plupart des personnes qui déploient un tapis sur la chaussée ont parcouru des kilomètres en voiture ou en métro pour se livrer à ces dévotions en plein air.

Un peu plus à l'est, à Belleville, où manifestent des commerçants asiatiques exaspérés par les agressions dont ils sont quotidiennement les victimes, l'observation des réactions à ce mouvement est encore plus caricaturale. Clairement, ces immigrés-là n'ont pas droit à la même considération que les autres. Et leur souffrance ou leurs difficultés peuvent bien être observées à travers le prisme des pires clichés xénophobes, rares sont les voix pour s'en offusquer. En gros, s’ils se font attaquer, c'est parce qu'ils transportent de l'argent liquide vraisemblablement gagné de manière illicite et ce n'est jamais qu'un
juste retour des choses.

Leur manifestation, décrite comme «
réactionnaire » par les plus grotesques des anars anonymes du Web (ils demandent la protection de la loi, rendez-vous compte !), en vient même à être taxée de raciste au prétexte qu'ils avouent un problème avec les trois ou quatre bandes de loubards bien identifiées qui pourrissent la vie de leur quartier. Pas avec les « Arabes » ou les « Noirs » génériques que certains bons esprits décident, par pure paresse intellectuelle, de définir comme les homologues des caïds, mais bien avec ces trois ou quatre bandes de loubards !

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