Voyages aux 4 coins de la planète mais aussi "Voyages Intérieurs" États d'âme et coups de gueule
Par Jean Louis ALONSO
Le changement, c’est Georges Tron ! Il fallait être un expert particulièrement affûté de la carte électorale pour lire dans le scrutin de dimanche dernier, montant des profondeurs du pays, un intense besoin de… chiraquisme. Poussée à gauche ? Montée verte ? Retour du FN ? Non : l’essentiel, à en croire l’esprit de ce remaniement plus politique que technique, c’était l’appel à Georges Tron, autrement dit, l’impérieuse nécessité d’intégrer au gouvernement quelques francs-tireurs du villepinisme. Mais sans Villepin : c’eût été trop simple. Ce geste tactique n’a en fait rien à voir avec le vote des Français et tout avec la petite cuisine de l’UMP. La politique, disait l’excellent président Queuille, injustement oublié (il fut le maître d’un certain Chirac), ne consiste pas à résoudre les problèmes mais à faire taire ceux qui les posent. Ainsi a-t-on fait taire quelques seconds couteaux de l’antique chiraquie dont on craignait les grincements un peu rouillés mais désagréables aux oreilles élyséennes. Ironique revanche pour les adeptes de l’ancien président que les sarkozistes avaient étrillés à qui mieux-mieux après la déroute des régionales de 2004. Les voilà intronisés en sauveurs en 2010 : il ne faut jamais dire jamais en politique. Tout cela ne changera rien à la marche de la vie publique. La majorité a été désavouée parce qu’elle avait promis, entre autres, d’augmenter le pouvoir d’achat et d’améliorer la sécurité et qu’elle a, pour l’instant, échoué. Même un Georges Tron n’y peut pas grand-chose.
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