Voyages aux 4 coins de la planète mais aussi "Voyages Intérieurs" États d'âme et coups de gueule

Parce qu'elle est, pour le moins, en délicatesse avec le président de la République, le Premier ministre et sa ministre de tutelle, parce que sa popularité demeure insolente et peut-être aussi, mais c'est sans doute accessoire, parce qu'on lui prête, sur certains sujets, « une sensibilité de gauche », la Secrétaire d'Etat aux Sports s'est brièvement vue proposer, par Michèle Sebban, vice-présidente socialiste de la région Ile-de-France, «le droit d'asile», c'est-à-dire concrètement de prendre la tête de la liste PS dans les Hauts-de-Seine pour les élections régionales de mars prochain.
La porte-parole de Jean-Paul Huchon, celui du Parti socialiste, puis Michèle Sabban elle-même, après avoir affirmé que sa proposition était tout ce qu'il y a de sérieux, ont fait savoir qu'il s'agissait d' « une plaisanterie ». Peut-être. Une simple plaisanterie — du meilleur goût... — ou peut-être une tentative de prendre le président de la République à son propre jeu: si Rama Yade avait fait savoir ou laissé entendre que la proposition ne lui paraissait pas aberrante ou scandaleuse, si elle avait contacté Michèle Sabban, comme cette dernière l'invitait à le faire, les socialistes auraient pu montrer à Nicolas Sarkozy qu'il n'avait pas le monopole de l' «ouverture» et du débauchage de personnalités populaires et/ou prometteuses. Quitte bien sûr ensuite à affirmer qu'il s'agissait d'une plaisanterie, que Rama Yade n'a jamais été la bienvenue parmi eux, qu'en somme les socialistes, eux, ne mangent pas de ce pain-là. C'est, du reste, un peu ce que semble indiquer Benoît Hamon en affirmant: «L'ouverture au PS se conçoit sur des bases politiques, nous n'allons pas à la pêche aux personnalités».