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Voyages aux 4 coins de la planète mais aussi "Voyages Intérieurs" États d'âme et coups de gueule

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Et si Freud était un "Affabulateur" ?

 

Par ROBERT MAGGIORI


Michel Onfray imagine bien le type de critiques que son Crépuscule d’une idole va recevoir. Tranquille, il revient ici sur certains thèmes de son livre.

Vous évoquez, dans la préface, des événements ou une situation de votre enfance-adolescence pour expliquer pourquoi, ensuite, Nietzsche, Marx et Freud sont devenus vos «amis». Faut-il se rapporter aussi à des éléments de votre biographie pour expliquer pourquoi vous vous êtes éloigné de Freud ?

Les choses sont beaucoup plus simples : j’ai créé l’Université populaire (UP) de Caen en 2002 comme une réponse concrète et technique à la disparition de la gauche dès le premier tour de la présidentielle. Dans l’hystérie du moment, je souhaitais moins pétitionner, appeler à voter à droite, réaliser l’union sacrée derrière un candidat qui, de toute façon, serait élu, que de réactiver le vieux concept d’UP créé au moment de l’affaire Dreyfus par Georges Deherme, un ouvrier alors proudhonien qui reprenait le flambeau du Condorcet des Lumières qui croit possible de «rendre la raison populaire» en faisant de la culture non pas un signe de distinction bourgeoise mais une arme critique pour comprendre le monde et s’y mouvoir plus librement. Dès lors, en 2002, je commence une Contre-Histoire de la philosophie en prenant les choses par leur commencement, à savoir ceux que la tradition philosophique platonicienne nomme les «présocratiques». Huit ans de travail plus tard arrive chronologiquement le tour de Freud… A l’UP, j’essaie soit d’aborder des philosophes inconnus, soit d’appréhender de manière inédite un philosophe connu. Freud, je souhaitais l’aborder comme un philosophe vitaliste, un genre d’héritier de Nietzsche - ce qu’il est d’une certaine manière… J’ai donc lu pour les croiser, selon ma méthode pour construire mes cours, l’œuvre complète, les biographies, la correspondance. J’ai souhaité également connaître le dossier des antifreudiens en sachant que, dans les mille personnes qui assistent à mon cours, il y aurait probablement des lecteurs du Livre noir de la psychanalyse que la presse dans sa presque totalité avait faussement présenté comme un livre suspect fabriqué par des antisémites, des révisionnistes, des consciences peu scrupuleuses vendues aux laboratoires pharmaceutiques, des boutiquiers tout à la promotion des thérapies comportementales cognitives. J’ai donc lu leurs travaux par conscience professionnelle, car j’avais moi-même été victime de cette propagande anti-livre noir, et je suis tombé de ma chaise car ils disent vrai…

 

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