« Dadis, chef tristement original, fort en mots tonitruants et aux actes spectaculaires sur fonds d’humiliations colériques, avait le choix cornélien entre ATT, le malien qui se retira en 1992 après une transition réussie, Guéi, l’ivoirien qui s’accrocha au trône pour finir balayé en un premier temps et liquidé au second, Aziz, le mauritanien qui opta pour une stratégie d’échelle en démissionnant pour se présenter en candidat des pauvres pour finir par rafler la mise. » Et bien Montesquieu n’a pas toujours raison quand il écrit que chaque peuple mérite ses dirigeants. La Guinée ne mérite pas ses dirigeants actuels. Défendre le contraire pour apporter caution à l’idée de l’auteur de l’esprit des lois, c’est insulter l’esthétique de la résistance du peuple guinéen à tous les régimes qui l’auront brimé avec leur mécanique implacable. Un peuple qui résiste ne peut mériter l’insulte suprême de la passivité. C’est bien les dirigeants guinéens qui ne méritent ni ce peuple ni ce pays à la richesse enviée. La Guinée est fardeau trop lourd pour les épaules d’un homme aussi agité et imprévisible que Dadis. L’on pourra certes évoquer la dialectique organiciste de l’enfantement et soutenir que Dadis même n’est que le produit d’une déliquescence sociétale mais c’est s’incliner vers la facilité du dédouanement des diables qui, usant de l’appareil de l’Etat, l’utilisent à des fins « léviathanesques » par dé là l’éthique et le patriotisme.
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