MERCREDI 20 FEV (suite)
Je viens de passer 1/2h sur la connexion. J’ai pu envoyer des photos et communiquer en direct avec Odile Hanrot ( responsable Cambodge à ASPECA) c’est sympa.
Puis j’ai un peu pris l’air, il y a du vent et la t° est tout à fait supportable, serais je entrain de m’adapter.
Assis sur le ban de pierre, j’ai vu arriver Kim Lang (je ne sais ce qui est nom et prénom !) la directrice ASPECA Cambodge, j’aime bien parler avec elle, ce matin nous évoquions l’opportunité de créer un autre cab dent. Je lui parlais de mes visites d’hier, le Musée du Génocide, le Mémorial et lui demandait si elle avait eu à souffrir des Khmers rouges de Pol Pot. Elle m’informa d’une voix douce que son mari et son enfant de 4 ans avaient été enlevés le 18 avril 1975 et que depuis elle n’avait plus de nouvelles – et pour causes. Elle me parla un peu du village où elle se cachait, à 25 ans, prof de français ! Elle m’avoue qu’elle pleurait lorsqu’elle traversait à nouveau ce village, « Je ne voulais pas pleurer, mais je ne pouvais pas m’en empêcher ! »
Alors sur le banc de pierre à coté de moi quelques larmes sont arrivées, je lui ai dit de laisser couler ses émotions !
Elle s’est levée et est partie à petit pas comme une Cambodgienne, vers son bureau.
C’était il y a 15 minutes.
Etrange Cambodge qui jamais ne pourra vivre sans ce terrible et absurde génocide. Un génocide de classe, mis en place par de jeunes « Intellectuels » formés aux théories marxistes dans les universités parisiennes !
Etrange Cambodge de la rue ou jamais véhicule ne s’arrête (même pas au feu ! ! !), c’est fluide mais à la limite permanente de l’accrochage – vu 2 accidents en 5 jours. Pas de cris, aucune impatience, quelques coups de klaxon, pas agressifs, juste pour dire : « Attention, j’arrive ! »
Je ne sais pas si je pourrais écrire ou me connecter demain, je pars à 7h30 avec Monika et son fiancé, en bus pour le nord ouest.
J’allais oublier : ce matin nous avons été accueilli avec des fruits aux saveurs ignorés par mes papilles. Un régal, une nouveauté ! Des fleurs aussi sur les arbres, aux teintes délicates et pastel.
JEUDI 21 FEVRIER.
Le grand départ comme il y a une grande arrivée (« Bonne arrivée ! ») comme ils disent en Afrique.
Le jour vient de se lever, l’air est doux comme une caresse, presque frais, de ces fraîcheurs que l’on sent revigorantes et qui mettent de bonne humeur pour la journée.
J’attends le Tuk-Tuk qui doit m’accompagner à la gare routière, il est 00h50 en France et vous êtes, je l’espère dans de doux rêves.
De quoi seront faits les prochains jours ? Quel rythme de travail va m’être proposé ? Comment vais je « Visiter », « Tourister » ?
Très plaisante remontée de Phn Pe à Battambang, 5 heures de bus pas pullman mais climatisé et relativement bien suspendu. Le chauffeur fait sa route, se fait sa place au klaxon mais s’arrête quasiment à la vue des vaches qui ici comme ailleurs déambulent.
Quelques troupeaux de peu de bêtes mais pas vu de petits ruminants ni de porcs, quelques élevages de canards autour de mares boueuses et presque à sec !
Paysage plat mais pas monotone, beaucoup de petites habitations en bois sur pilotis recouvertes de toits végétaux, les plus récentes de tôle ondulée ou d’everite. Parfois sous l’habitation, 2 ou 3 hamacs se balancent au gré du vent ou du dormeur.
Peu de grands espaces non cultivés, les riziaires ont été moissonnées mais persistent quelques parcelles vertes, peut être de futurs plans !
La route est aussi bordée d’arbre, ne suis pas très spécialiste mais j’ai reconnu pêle-mêle des eucalyptus, bananiers (facile), sortes de baobab minces et élancés comme les cambodgiennes, arbres étagères (j’ai oublié le nom), manguiers et une infinité d’autres essences dont je ne connais le nom qu’en khmer !
Nous traversons souvent des villages qui s’étirent le long de la route, la circulation devient plus hasardeuse pour les locaux lorsque le bus arrive.
Parti à 8h de Phnom Penh, il est 13h lorsque nos atteignons Battambang, la ville a l’air sympa, beaucoup moins grouillante que la capitale, suis attendu par le médecin du centre ASPECA qui nous accompagne au centre : visite du cabinet dentaire puis avec le Mob de la médecin direction un Cyber qui fonctionne. On en fera deux. Retour au « Village » où j’échange avec le directeur mon travail contre mon hébergement ! On verra si ça marche !
Je suis très modestement logé, un matelas par terre et rien pour poser mes fringues ! On verra ! Ça ne me plait qu’à moitié.
Dîné à 18h15, vraiment délicieux mais je ne sais tjrs pas ce que je mange ! Ça n’a pas beaucoup d’importance.
En principe j’attaque les consultations demain.
VENDREDI 22 FEVRIER.
Une nuit bien reposante quoique hier j’ai pas fait grand-chose. Bref !
Ce matin vers 4h 30 les premiers mantras de la Pagode voisine puis dans un demi sommeil et en écho mais pas stéreo ni synchro les mantras d’une autre pagode, enfin vers 5h30 une musique joyeuse propre à sortir du sommeil le plus récalcitrant (à se lever, pas à la mission !) des chir dent en mission.
6h sur le pont, douche froide et PC (projet d’étude épidémiologique des atteintes carieuses) Le centre est très agréable au soleil levant, quelques arbustes fleuris, les enfants s’affairent, qui jardine, qui part à l’école en chemise blanche et pantalon ou jupe bleu marine.
Quelques photos ! Ce soir je vais au cyber, ça me permet de garder le contact avant d’en établir d’autres ici. Ce n’est pas immédiat, les différences culturelles étant considérables il faudra je pense un peu de temps pour communiquer au-delà des convenances et des premiers échanges de courtoisie.
Première journée de soins,45 enfants vus, ce ne m’était jamais arrivé. Il semblerait que je n’ai pas perdu la main., les enfants sont adorables et relativement confiants.