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'expulsion de Tunisie d'une journaliste du quotidien français le Monde est un "acte souverain qui n'a pas besoin d'être expliqué", a affirmé Béchir Tekkari, ministre tunisien de la Justice et des droits de l'Homme. "Nous sommes libres, après plus de 50 ans d'indépendance, d'accepter ou de refouler qui l'on veut", a-t-il déclaré jeudi soir lors d'une conférence de presse. Le ministre était interrogé sur l'explusion mardi soir de Florence Beaugé, envoyée du Monde à Tunis pour la couverture des élections présidentielle et législatives de dimanche. "On l'a avertie qu'elle était indésirable, elle a insisté pour venir, elle a été expulsée (...), un acte souverain qui n'a pas à être expliqué ni motivé", a-t-il dit. La France a effectué une démarche "infructueuse" auprès de la Tunisie pour qu'elle autorise l'entrée de la journaliste, avait indiqué le porte-parole du Quai d'Orsay Bernard Valero. Florence Beaugé avait été refoulée à son arrivée mardi soir à l'aéroport de Tunis-Carthage. Une source gouvernementale tunisienne lui a ensuite reproché, d'"avoir toujours fait preuve de malveillance patente à l'égard de la Tunisie et de parti-pris systématiquement hostiles". L'envoyée du Monde a effectué récemment un séjour en Tunisie durant lequel elle a interrogé des opposants particulièrement critiques à l'égard du régime, notamment l'avocate Radia Nasraoui et de son époux Hamma Hammami, chef du Parti communiste ouvrier (PCOT, interdit). S'agissant de l'interdiction de voyage faite à Me Nasraoui, M. Tekkari a indiqué qu'elle était "sous le coup de poursuites judiciaires". "Appartenir à un mouvement politique ou être écouté par certains médias n'exonère pas quelqu'un de la loi", a-t-il dit. Me Nasraoui a été empêchée mardi de se rendre à Strasbourg où elle devait participer à une rencontre au Parlement européen. M. Tekkari a fait état de "grandes avancées" en matière de libertés et droits de l'Homme. "Si des cas isolés ont été enregistrés, cela ne veut pas dire qu'il y a une violation continue", a-t-il dit.