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Voyages aux 4 coins de la planète mais aussi "Voyages Intérieurs" États d'âme et coups de gueule

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Psychanalyse et imposture : Freud t'as tout faux !

Transfert de croyance.
Note sur l'inoculation psychanalytique

Luis Carlos Fernández

(Version légèrement remaniée du texte paru sous le même titre dans Liberté, nº 257, septembre 2002, p. 85-101)

Once you've entered the Freudian labyrinth […] you aren't very likely to find your way out. I was lucky; I never got analyzed. Unquestionably, the therapy is powerfully indoctrinating. It makes converts through a process of one-on-one humiliation followed by rehabilitation within the elite community, so that reverting to a pre-Freudian state of mind would feel like sacrificing your very identity. All this is eminently worthy of study as a model of intellectual and emotional seduction. Frederick Crews.

Elisabeth Roudinesco - idéologue freudolacanienne dont le zèle propagandiste ne recule d'ordinaire devant aucune entorse aux critères de probité, rigueur, cohérence et souci d'objectivité qui régissent toute démarche intellectuelle respectable - rappelait dernièrement1 que la fameuse déclaration de Freud à Jung ("Ils ne se doutent pas que nous leur apportons la peste"), lors de l'arrivée à New York des deux agents vecteurs, est une pure invention. De Jung ? De Lacan, colporteur de l'anecdote, qu'il disait tenir du gourou helvète ? Qu'importe; retenons seulement qu'il s'agit d'un de ces bobards dont l'histoire officielle de la psychanalyse est truffée.

Blague fictive, donc, à propos d'une "affection" fort sérieuse de nature réellement épidémique; car la psychanalyse freudienne est certainement - on le voit chaque jour un peu mieux - l'un des grands fléaux intellectuels, culturels et moraux de l'ère moderne.(souligné par JLA). La progressive et salutaire déconversion du regard qui a enfin rendu possible un tel constat, nous la devons essentiellement aux nombreux travaux critiques2 qui sont parus au cours des trois dernières décennies.

Les auteurs de ces travaux - scientifiques, philosophes des sciences, médecins, psychologues, historiens, critiques littéraires ou psychanalystes plus ou moins dissidents - ont procédé à une analyse minutieuse de l'œuvre doctrinale de l'inventeur de la psychanalyse, passé au crible sa correspondance ("l'œuvre transversale", selon la juste expression de Michel de Certeau), scruté sa biographie et fouillé l'histoire de son étrange créature. Le scandaleux interdit de consultation qui frappe les volumineuses Archives Freud (dont certaines pièces ne pourront être examinées avant 2113), a forcé ces chercheurs à emprunter des voies de contournement, mais leur persévérance et leur sagacité ont été récompensées par des trouvailles documentaires qui ajoutent un poids décisif à leur jugement.

Le portrait de Freud qui se dégage de ces enquêtes est, à tous égards, l'inverse de l'image légendaire qu'il avait soigneusement fabriquée, et que ses fidèles ont pieusement reconduite : celle du libre-penseur génial, magnifique incarnation de l'esprit des Lumières; du savant héroïque incompris et ostracisé, en proie à la bêtise, l'intolérance et la jalousie et de ses contemporains; du penseur original voué à un "splendide isolement" d'où jailliront les intuitions fondatrices d'une nouvelle science du mental; du sondeur intrépide de la psyché, dont les révélations infligèrent au bipède humain une "blessure narcissique" aussi profonde que celles qu'avaient pu lui causer les découvertes de Darwin et Copernic; du parangon de droiture morale, d'honnêteté intellectuelle et de vertueuse intolérance à l'édulcoration de la vérité.

Pure mythologie que tout cela, disent - preuves à l'appui - les freudologues mécréants. Le personnage historique était tout autre : mythomane superlatif; fraudeur sans états d'âme, mû par une soif maladive de gloire et prêt à tout3 pour l'étancher (n'hésitant pas à invoquer des cas inexistants et de fausses guérisons pour rendre crédible une procédure thérapeutique qu'il savait stérile4); médicastre irresponsable, longtemps "accro" à la cocaïne5 dont il recommandait vivement l'usage

[…] vers 1886, des cas d'accoutumance à la cocaïne étaient signalés un peu partout dans le monde. Freud devint à juste titre la cible de la critique publique, et le psychiatre Erlenmeyer est même allé jusqu'à l'accuser de avoir déclenché le "troisième fléau de l'humanité6" - les deux premiers étant l'alcool et la morphine.

Psychothérapeute dangereux (comme l'attestent, entre autres, les affaires Eckstein, Frink, Tausk), pour qui les patients étaient "de la racaille" incurable, simple source de revenus et, parfois, de connaissance7 (d'où le cynisme glaçant dont il pouvait faire preuve lorsqu'il était question des effets létaux8 du divan); despote mégalomane et manipulateur redoutable; chef charismatique d'un "mouvement" qui présente toutes les caractéristiques de l'organisation sectaire, dont celle de se poser en victime assiégée9.

 

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