Voyages aux 4 coins de la planète mais aussi "Voyages Intérieurs" États d'âme et coups de gueule
Par Jean Louis ALONSO
Than Shwe, chef de la junte
Confronté pour la première fois depuis 1990 à un large mouvement de protestation, Than Shwe, chef de la junte militaire, n’a pas hésité à donner l’ordre du tirer sur la foule en septembre 2007. Le reporter japonais Kenji Nagai a été tué, une quinzaine de confrères birmans ont été arrêtés pour avoir collecté des témoignages sur la répression et Internet a été coupé pendant deux semaines. Connu pour ses crises de paranoïa, le généralissime a ordonné la traque des journalistes suspectés d’avoir envoyé à l’étranger des images des marches des bonzes et de la répression. Le retour au calme s’est accompagné d’un renforcement de la censure.
Désormais reclus dans la nouvelle capitale, Naypyidaw, Than Shwe a commencé sa carrière militaire au sein du département de la guerre psychologique. Il en a gardé un goût passionné pour le contrôle des idées et de la presse. Des dizaines de militaires travaillent, sous ses ordres, au Bureau de la censure. Ils vérifient tous les journaux, livres et films avant leur diffusion. Than Shwe multiplie également les discours militaristes et haineux envers l’opposition démocratique. Il voue une détestation particulière au Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, qu’il maintient en résidence surveillée depuis mai 2003, et à ses conseillers, comme le journaliste U Win Tin, emprisonné depuis juillet 1989.
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