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Voyages aux 4 coins de la planète mais aussi "Voyages Intérieurs" États d'âme et coups de gueule

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Pourquoi croire encore au Suffrage universel ? (2)

Une définition pas seulement juridique

C'est dans le sillage de ce travail pionnier publié en 1970 (The Politics of corruption) que s'inscrit la première grande enquête menée en France sur la « probité publique » et dont les résultats viennent de paraître sous la forme d'un volume dirigé par Pierre Lascoumes, Favoritisme et corruption à la française (Presses de Sciences Po). Un travail collectif ambitieux qui frappe d'abord par la sophistication de son dispositif d'enquête.

 

Dans un long prologue, le sociologue Pierre Lascoumes, auquel on devait déjà un livre important sur Les Elites irrégulières, expose le choix retenu de trois monographies préalables de villes : Mélisse, Plaise et Oroncour. Trois communes qui ne figurent sur aucune carte de France, trois villes dont les noms ont été modifiés et les traits stylisés de manière à produire trois idéaux-types, débarrassés de logiques personnelles et de noms propres encombrants pour une compréhension proprement sociologique – à mille lieues donc d'une démarche judiciaire et, quasiment toujours, journalistique. Le souci épistémologique a même conduit les enquêteurs à retenir à côté des deux villes terrains dans lesquelles le maire a connu des ennuis judiciaires avant de revenir en politique (l'une de gauche, l'autre de droite), une troisième ville test dans laquelle aucune « affaire » majeure n'est survenue. Là encore une démarche qui tranche avec celle d'un juge ou d'un journaliste, qui l'un comme l'autre s'intéresse par définition à la seule déviance.

 

C'est sur la base de ces trois monographies de villes que l'équipe de chercheurs (parmi lesquels Bruno CautrèsJean Chiche ou Nonna Mayer) a conçu, d'une part un questionnaire de sondage administré à plus de deux mille personnes en face à face et, d'autre part, des focus groups, lors desquels des personnes étaient invitées à dialoguer sur les questions de probité et de corruption. L'observation des trois villes a notamment permis d'opérer un travail de clarification lexicale et de préciser ce qu'on pouvait entendre par « corruption », la définition strictement juridique, bien trop stricte, ayant d'emblée été écartée.

Sources : http://www.mediapart.fr/journal/france/271210/pourquoi-la-corruption-ne-gene-pas-les-electeurs

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