Voyages aux 4 coins de la planète mais aussi "Voyages Intérieurs" États d'âme et coups de gueule
Dans les Balkans, c’est l’un des premiers chocs culturels – et gastronomique – pour le ressortissant héxagonal : le digestif se prend au début du repas.
Et, le plus souvent, c’est la fameuse eau de vie locale, la rakia, que l’on appelle selon les pays et le fruit dont elle est issue loza, slivovica, grozdova, krushova, kaïssieva, etc... Le plus souvent, on prend cet alcool avoisinant les 40° accompagné d’une salade et d’un plateau d’hors d’œuvres : c’est l’apéro ici, et il peut durer plusieurs heures. (Parfois c’est l’équivalent d’une anisette que l’on boit, glacée mais sans eau).
Choc ou pas, on s’y fait - et assez vite. D’autant plus que cette pratique peut se révéler une bonne protection contre les infections dues aux bactéries contenues dans les légumes, dont la fameuse E. Coli qui sévit en Europe. C’est en tout cas ce que pense la très respectée et sérieuse Association bulgare pour l’alimentation et la diététique, dont le président Bojidar Popov, a vanté hier les mérites des alcools forts – vodka et surtout rakia – capables de tuer, selon lui, les bactéries nuisibles. Le professeur a même donné un exemple de l’action bénéfique de la rakia. Il y a quelques années, les participants à un repas champêtre ont été atteints, à divers degrés, d’une gastro : les hommes ayant consommé le précieux breuvage à l’apéritif étaient à peine touchés. Bojidar Popov sait de quoi il parle, puisqu’il a fait partie des convives. « Visiblement, la rakia tue la bactérie. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut en boire tout le temps », a tout de même précisé le professeur Popov.
Son message sera certainement entendu, surtout en cette saison où les légumes bulgares – parmi les plus savoureux au monde – sont de nouveau omniprésents sur les tables du pays : qui n’a pas goûté à la shopska, à la paysanne, à la salade du berger, à la blanche-neige (tzatziki) ?
A ce jour, il n’y a pas eu de cas diagnostiqué d'Escherichia coli entérohémorragique en Bulgarie. Les agriculteurs bulgares ont néanmoins estimé que leurs pertes dues à la crise européenne du concombre s’élevaient à près de 10 millions de lévas (la moitié en euros) et ils comptent, eux aussi, demander des compensations. En attendant, les consommateurs savent à quoi s’en tenir : outre les règles d’hygiène habituelles, ne pas oublier de faire passer les salades avec un verre d’eau de vie. Nazdravé !
Sources : http://balkans.blog.lemonde.fr/2011/06/09/e-coli-le-remede-bulgare/