Voyages aux 4 coins de la planète mais aussi "Voyages Intérieurs" États d'âme et coups de gueule
Quelques commentaires de JLA en "Bleu"
Projet travaillé sur carte, traces Garmin et Google-Earth depuis un an.
Thème général du voyage: l'Eau et les basins hydrologiques des grands fleuves d'Afrique de l'Ouest..Sources des fleuves Sénégal et Gambie au Fouta-Djalon (Guinée), source du Niger en Guinée et suivi du cours du Niger au Mali jusqu'au delta interne et Douentza.
(Les évenements géopolitiques récents et les recommandations gouvernementales obligent à modifier le parcours initial et à ne voyager qu'au sud d'une ligne Ayoun el Atrous-Niara-Douentza.)
Des cinq équipages initialement prévus, seules deux voitures se retrouvent au départ:
Un Toyota piloté par JLA.
Le Nissan Patrol de Jérôme, avec pour co-pilote son frère Jean-Claude pour la descente vers Conakry, puis sa femme Martine équipière de la deuxième partie du parcours.
Chacun a une soixantaine d'années, Seul Jean-Louis à l'habitude du voyage en Afrique noire.
Lundi 2 janvier 2012. : Rendez-vous à Rivesaltes, près de Perpignan, chez Jérôme et Martine. Soirée de présentation et gastronomie. Nuitée confortable.
Mardi 3/1/12. : Bateau à Barcelone 17 h. Enregistrement 15 h. Retard d'environ 2 heures. Voyageons avec Sud Expé, sympa, Bla Bla avec Christian le patron que j'aime bien et quelques voyageurs amis connus.
Mercredi 4/1/12: Arrivée à Tanger-Med à 19 h., formalités administratives assez longues et départ vers le Sud. Campement à Larache (100 kms de Tanger Med). Froid intense, grande humidité, nuit difficile.
Jeudi 5/1/12.: Autoroute jusqu'à Agadir 820 kms. Auberge Paradis berbère. Réception de grande qualité, prestation top. Trois niveaux d'hébergement : camping, tentes berbères, ou chambres. Seule critique : lieu retiré, avec manque de vue sur la plaine.
Vendredi 6/1/12 : Agadir-Tarfaya. Bivouac dans les dunettes.
Samedi 7/1/12 : Tarfaya-Laayoune-Hotel resto Barbas, près de la frontière : reconstruction récente, grand patio très agréable, personnel et propriétaire sympas.
Dimanche 8/1/12 : Frontière marocaine (difficile : longue attente, énervement général, 4-5 heures de queue) On retrouve la Bande à Christian B, rebla bla à la frontière ! Ca fait passer le temps. Coté frontière mauritanienne (sans problème) et route pour Nouamghar , mais panne mécanique sur le Patrol : rupture de l'attache haute de l'amortisseur AG. Soudure « artisanale » à Nouadhibou et camping chez Abba (basique).
Lundi 9/1/12 : Rupture de la soudure après 90 km et visite chez Nissan à Nouakchott. Bilan : dépose de la caisse, travail sérieux sur le chassis, trois jours de boulot, 700 euros. On décide de séparer l'équipe : Jean-Louis rejoindra Kayes (Mali) par petites étapes le long du fleuve Sénégal par Bogué et Sélibabi. RV à Kayes le samedi soir.
Mardi 10/1/12, Mercredi 11/1/12, Jeudi 12/1/12 : Le Patrol est chez Nissan et nous, Jean-Claude et Jérôme, chez Olivia à l'auberge Menata. Séjour agréable, repos, conversations intéressantes avec les autres résidents, découverte de fond en comble de NKT (marchés, criée aux poissons, musée, restos, artisanat, antiquaires, plage et... banques).
Pendant que Jérôme et Jean-Claude prient le Dieu Nissan à NKT, je file vers Bogué, bivouac sympa un peu avant cette petite bourgade animée au bord du fleuve Sénégal.
Mercredi 11 janvier direction Maghama et passage à Kaedi ou un centre de santé a été financé par une ONG française. Il fait chaud (35°C) mais la piste est agréable le long du fleuve
Jeudi 12, changement de musique, la piste se perd, moi aussi, je "Jardine" comme en témoignent les traces qui sont téléchargées sur : http://fr.groups.yahoo.com/group/GUINEE_2011/. Bivouac au milieu de nulle part à l'Est de Sélibabi et passage au Mali sans formalité de sortie de Mauritanie. A Aourou (Nord Kayes) les fonctionnaires maliens sont sympa et tamponnent . . . Kayes et camping "Chutes de Félou" dés vendredi 13 !
Vendredi 13/1/12:Nouakchott-Kiffa par la route de l'Espoir. 610 km de bon goudron partout. Route hypersécurisée (15 controles policiers, assez cools et sympas, et intérêt des fiches administratives pré-établies). Chambre à l'hôtel El Emel, déserté et sordide. Jean-Claude est mal foutu, tousse et est fièvreux : hop ! Aspirine, Doliprane et au lit.
Samedi 14/1/12 :Le malade va mieux, mais tousse : bronchite ? Piste Kiffa-Kankossa-Aourou-Kayes. Parcours facile et bien marqué sauf dans les 30 km avant et après la frontière(?) où l'on jardine un peu. Formalités de sortie de Mauritanie à Kankossa. Paysages sahéliens, villages typiques, bétail vadrouillant dans la savane, baobabs marquent la nouveauté de la découverte. Arrivée de nuit à Kayes où l'on poursuit un peu au sud, vers le Fort de Médine et son camping où l'on retrouve JLA .
Dimanche 15/1/12 : Réveil ébloui sur un méandre du Sénégal. Du camping on voit le fleuve s'écouler plus bas, calme et majestueux. Les femmes sont à la lessive, les pirogues des pêcheurs tournent lentement autour des filets, au loin une pinasse de voyageurs disparaît déjà.
Matinée de paperasseries administratives à Kayes (change, douane, passavant, police, assurance), pleins d'eau et GO, marché de frais et de boissons. Jean-Claude va bien. Et départ pour Gouina.
Piste difficile à trouver car sur le chantier d'une route goudronnée en construction (Kayes-Bafoulabé) et difficile à parcourir car étroite et tortueuse, puis enfin, bivouac aux chutes de Gouina. Le site est très plaisant, à la fois impressionnant mais pas démesuré. Belle nature. Il faudrait y rester deux jours.
Lundi 16/1/12: Après une dernière baignade géniale à Gouina, piste, ou plutôt non-piste jusqu'à Bafoulabé. Difficile et trialisant. Puis beau goudron trompeur jusqu'à Mahina car suivi d'une piste infernale vers Kéniéba. Nombreux brulis de part et d'autre, villages perdus, simples et pauvres, bétail libre et errant, habitants souriants et étonnés de notre passage, hommes à l'ombre, femmes constamment à la peine, eau ou bois ou lessive sur la tête, bébé sur le dos, tenues bariolées et colorées mais harmonieuses, accordées, enfants nombreux, nombreux, morveux mais beaux. Bivouac au milieu de nulle part.
Mardi 17/1/12 : Fin de piste, un peu meilleure, pour Kéniéba, ville minière (or) du bout du monde. Recherche de précisions sur le passage en Guinée et, en particulier, la traversée de la fameuse rivière Falémé. La bonne info vient du vendeur de GO : prendre le goudron vers Kita, puis une nouvelle piste « Aréva ? » plein sud...
Bravo, le gué de la Falémé se présente bientôt à nous. Jean-Louis, Maître des Eaux, teste à pied la profondeur du passage et la force du courant. C'est ok, l'eau n'est qu'à mi-cuisse, les voitures traversent, le Fouta-Djalon sera donc conquis. Grande joie et réelle émotion d'avoir réussi à passer LA et à atteindre la Guinée par cette piste abandonnée.
Sauf que ce n'est pas si simple...la piste s'élève dans la montagne, se rétrécit, se complique, s'efface presque. Après le passage de Faléa et son étonnante piste d'aviation (Aréva ?), dernier village malien, le gué facile de la rivière marquant la frontière et la traversée de Kali, premier village guinéen, la brousse arbustive nous mange le chemin. Depuis longtemps quatre roues ne sont pas passées à cet endroit et seules les traces de vélo, voire de moto, marquent la route La progression de 12, 15km à l'heure sur fond de brulis, de caillasse, parfois de végétation épaisse et sèche est pénible et cassante. Les quelques villageois rencontrés nous disent la direction à prendre et rassurent que cela passe. La cartographie embarquée confirme plus ou moins. Morts de fatigue, on bivouaque n'importe où, au milieu des cailloux, sur un plateau lunaire. Les moucherons arrivent nous envahissent, par bonheur ils disparaitront avec le soleil ! Ouf !
Mercredi 18/1/12 : Idem, piste de fou, dure, cassante, pénible. Arrivés sur une piste plus importante (Balaki-Mali), nous espérions enfin la belle latérite souple et roulante.
Hélas, déception, plus large oui, mais plus pousièreuse, plus dangereuse, très dégradée par les dernières pluies, encombrée d'ornières et de grosses pierres, parcourue par de nombreux animaux, camions, vélos, hommes et femmes à pied : la galère totale. La Guinée est devenue pour moi « le pays où les gens marchent sur la piste ».
Bivouac extrêmement sympa sur le terrain de foot d'un village, près de l'école. Contacts captivants avec l'instituteur et des vieux sages. Pauvreté absolue. Belle prestance des femmes, gentillesse des enfants.
Jeudi 19/1/12 : Poursuite de la piste infernale. Nombreux villages traversés dans la poussière. Le dénuement de ces populations est majeur. Pas d'électricité. Pas de moyen de transport, pas d'ânes (ils ne supportent pas la saison humide). Quelques puits ou forages avec d'intéressantes pompes à pied . Cases simples, murs de banco et toit de paille, réunies en concessions familiales propres, balayées, organisées pour les femmes à la cuisine et les jeunes enfants au jeu. Quelques rares animaux de basse-cour. Du linge coloré et lumineux sèche sur les clôtures de bois mort. Des manguiers, nombreux, ne donnent pas encore leurs fruits. Vaches, moutons et chèvres paissent librement alentour du village, parfois gardés par un adolescent. Peu de cultures vivrières directement visibles et la vente des produits, sur de petits marchés, ou le long de la piste, est dérisoire : rarement des tomates, quelques aubergines et salades, des bananes mais peu d'oranges, quelquefois des ananas et des avocats. Les hommes restent ensemble, sous un bel arbre, à regarder la piste où personne d'inconnu ne passe jamais. Quelques uns, rares, chassent, coupent du bois, gardent les bêtes ou fabriquent des briques de banco au fond d'un marigot. Les femmes, elles, bossent dur : portage, de l'eau et du bois, battage et lavage du linge, pilonnage des racines et des céréales, élevage des enfants et probablement, en plus, aide aux travaux agricoles.
Au passage d'un petit pontet le Toy de JLA décolle..., puis atterrit lourdement : rupture du pont avant. En deux roues motrices cela fonctionne suffisamment pour rejoindre Labé et réparer. Hôtel Tata, accueil prévenant et cadre agréable
Vendredi 20/1/12: Hôtel Tata.
Changement du nez-de-pont, différentiel, blocages du Toyota par un artiste –mécanicien local. Résultat plus ou moins satisfaisant : on continuera avec deux roues motrices. Repos, marché, artisans, musée, papiers administratifs d'entrée en Guinée, change, GO.
Samedi 21/1/12.: Bon goudron pour Pita (tisserands), chutes de Kankon (à sec), visite de la centrale hydro-électrique (chinoise), paysages superbes du Fouta-Djalon et piste (roulante) pour les falaises de Doucky. Belle balade dans les canyons locaux.
Hebergement en case traditionnelle pour nous et camping pour JLA. Délicieux repas traditionnel de fonio sauce arachide. Soirée foot (Coupe africaine des nations) avec le village.
Dimanche 22/1/12 : Doucky, Lei Miro, Sinta, Koumbaya.
Piste facile et roulante. Bac amusant. Paysages superbes. Bivouac simple et bon.
Lundi 23, Mardi 24 et Mercredi 25/01/2012: CONAKRY.
Bonne piste pour Kindia, puis goudron correct jusqu'à la capitale, mais nids de poule et rupture de l'attache supérieure de l'amortisseur AD cette fois. Pas de garage Nissan, on fera réparer par des mécano-soudeurs locaux (250 euros). Bon résultat. Hotels centre ville complets, de toute façon très chers, inaccessible à nos budgets. Hôtel-résidence Sylvia trouvé près de l'aéroport, à 10 km du centre, basique mais bon rapport qualité-prix et parking voitures.
Conakry est une ville très, très décevante. Sale, embouteillée, surpeuplée, sans aucun espace vert, coinçée sur une longue presqu'île qui ne permet aucune extention. Pas d'art, peu de culture, aucun site naturel plaisant, il y fait chaud et glauque. Bref, passez votre chemin.
Par avion, Martine est arrivée le mardi, et Jean-Claude reparti le jeudi. Un nouvel équipage va gérer le Patrol pour la suite du voyage.
Jeudi 26/1/12 : Conakry-Dalaba.
Pour un dernier regard sur le Fouta-Djalon. Goudron se dégradant de plus en plus en allant vers Mamou, et totalement explosé dans la montée vers Dalaba, que l'on ne joindra pas dans la journée. Très belle vue sur les monts environnants. Bivouac.
Vendredi 27/1/12 : Dalaba-Mamou-Faranah.
Paysages splendides à Dalaba.
Visite des artisans du cuir Peuls: un savoir faire évident, mais minimal. Peu d'objets, peu de matière De beaux sourires, une bonne connivence dans cet atelier, beaucoup d'humour: Le plaisir est simple devant le manque et la pénurie.
Visite de l'ancienne maison du gouverneur et sa case à palabres, temoins de l'époque coloniale et des années sombres d'une dictature: un homme est là, désoeuvré, il n'est pas payé depuis dix ans, mais il continue d'honorer son important titre de "guide". Avec conviction et précision, dans un français léché, appliqué et parfait il fait revivre les ruines d'un batiment abandonné, décrepi, délabré Et d'un seul coup le prodige s'accomplit: on revoit les fastes de la domination coloniale, les receptions dans les jardins, les honneurs rendus aux industriels, la soumission des chefs tribaux, et l'humiliation des gens.
On est tout à coup loin du voyage, d'une photo à faire, d'un bivouac à trouver. Cet homme a traité, ravivé, expliqué, imagé cette énigme qui me taraude l'esprit depuis longtemps qu'un pays peut être si pauvre parcequ'il était tant spolié. Frissons.
Reprise de la route vers le sud et la guinée forestière. Goudron correct. Bivouac avec les vaches dans un décor "East of Africa". Coucher de soleil somptueux. Le réveil sera bizarre, frais, mouillé, noyé de brume et transis d'humidité.
Samedi 28/1/12 : Faranah-Kissidougou-Guékédou
La route devient une horreur. Pleine de trous, de bosses, de nids d'autruches! Les camions sont nombreux, difficiles à croiser, impossibles à doubler.
Journée infernale. On n'ira pas aux les sources du Niger, à 80 km de Nianfourando, mais on a vu le Grand Fleuve à son début, déja belle rivière. Bivouac dans une belle savane, en feu. Les brulis crépitent en face de nous, de l'autre coté d'un petit val verdoyant. Faut-il décamper? Le vent dominant éloigne fumées et flammes. JLA est formel, le feu s'écarte. Dormez, bonnes gens.
Dimanche 29/1/12: Guékédou-Macenta-Nzérékoré.
Très beau goudron (don de la Communauté Européenne) pour 100km autour de Macenta, puis de nouveau dégradé et s'améliorant ensuite pour rejoindre Nzérékoré.
La traversée de la forêt de Ziama est d'une exceptionnelle beauté: grande forêt tropicale avec arbres immenses et variés, heureusement protégée. Le pont de liane de Serissou est actuellement démonté et nous n'auront pas la chance d'en voir d'autre.
Nuit à l'auberge de la Colline, sommaire.
Lundi 30/1/12: Nzerekoré-Beyla-Kerouané
La grande ville de la Guinée forestière, Nzérékoré, est totalement sans intérêt:: ville poussièreuse et déglinguée. Le musée est fermée, l'eau coupée la journée, l'artisanat inexistant et les fameux tissus "forêt sacrée" rares et peu seyants.
Les expéditions et randonnées alentours (nature et faune, en particulier les singes) paraissent peu viables ou nécessiter beaucoup de temps pour les organiser.
La piste pour Kérouané et Kankan est complètement défoncée sur ses 380 km, sauf 40 km avant et après Beyla pour des raisons d'exploitation minière (diamant). C'est dire si la progression des voitures est longue et difficile tout au long de la journée. Quelques beaux paysages cependant, des forêts hautes et fournies, des villages, des marchés peu nombreux mais rompant la monotonie et la fatigue du voyage.
Bivouac sur un terrain de foot. Ce soir foie gras, champagne et cassoulet, c'est l'anniversaire de Martine. Distribution de vêtements, reçus avec simplicité et plaisir. Les gens sont respectueux, souriants et doux.
Mardi 31/1/12: Kérouané-Kankan :
La piste est toujours rude et cassante. Le paysage reprend son aspect sahélien. Frustration d'une journée pour rien.
Reprise d'un bon goudron après Kankan. Bivouac tôt pour soirée reposante.
Mercredi 01/2/12: Kankan-Siguiri-Frontière du Mali.
On décide de ne pas rejoindre Bamako par les pistes longeant le Niger, mais de prendre la route goudronnée. Donc goudron récent en bon état de Kankan à Siguiri avec ponts sur le Niger et la Tikinsso. Plus de bacs sur cette belle route.
A Siguiri on poursuit vers Kintinian pour tenter de visiter cette importante mine d'or.
Mais, après deux heures d'attente et tractations, et alors que nous pensions pouvoir découvrir la fonderie de lingots, l'autorisation n'est pas venue. Il aurait fallu probablement prendre un rendez-vous anterieurement.
Perte de temps à Siguiri pour les pleins de GO: les pompes de l'unique station sont en cours de changement. Route pour le Mali. Incident frontalier avec un policier guinéen tatillon et peu scrupuleux. Quelques euros, jolis stylos et médicaments proposés par JLA et ma grosse voix grave de voyageur indigné et sûr de son droit vont régler le problème. De l'autre coté des barrières la rentrée au Mali est plus simple. Rapidement on quitte la route pour un bivouac sympathique et récupérateur.
Jeudi 02/2/12: Frontiere Mali-Bamako:
Bonne route goudronnée. Traversée des Monts Mandingues avec splendides paysages autour de Sibi qui mériterait une halte et le temps de la découverte. Premières mangues à maturité. Délice.
Bamako est une belle et grande capitale, moderne, développée, active.
Le musée national est une splendeur. Classique mais inspiré dans les salles des masques et de l'archéologie, et surtout somptueux dans sa présentation des tissages, teintures et artisanat textile du Mali: l'une des plus belles et intéressantes expositions qu'il m'ait été donné de voir, de par le monde, ces dix dernières années. C'est vous dire s'il ne faut pas manquer ça!
Installation au Séguéré, hébergement bien tenu et convivial. Piscine, patio, resto. Très bonne adresse.
Sinon vidange moteur, pleins eau et GO, ravitaillement, et regards sur le fleuve, majestueux à cet endroit.
Vendredi 3/2/12 : Bamako-Ségou-Bla-Teriya Bugu.
Route goudronnée abîmée et étroite, truffée de ralentisseurs féroces dans la traversée de tous les villages. Gros traffic, camions et animaux. Conduite éprouvante. Beaux villages sahéliens après Ségou et 28 km de piste roulante pour la ferme d'écodéveloppement solidaire de Teriya Bugu (www.teriyabugu.com). Beaucoup de bonnes idées, bien pensées, bien réalisées dans les domaines du reboisement, de l'élevage, du maraîchage, des énergies nouvelles, de l'emploi, de la formation, de l'hôtellerie, de la scolarisation, des soins médicaux et tant d'autres activités qu'il faudrait savoir utiliser et promouvoir.
Dîner et nuit à la ferme.
Samedi 4/2/12: Teriya Bugu- Delta interne du Niger.
La piste des baobabs: pistes sableuses entre Bani et Niger, traversée de villages peuls ou bozo. Visite du barrage de Markala. Quasi hors piste en bordure du fleuve, rive droite. Bivouac entre ciel, sable et eau, loin de tout, mais près du reste si précieux.
Dimanche5/2/12: Delta interne-Djenné.
Hors piste difficile, puis belle latérite roulante à hauteur du bac de Massina.
Cette nuit, un vent fort et frais s'est levé qui vient obscurcir l'air et cacher le soleil.
Habituellement chaud, l'Harmattan subit-il les influences des gros frimas du nord? En tout cas, aujourd'hui il nous glace.
Djénné nous apparait comme irréel, dans ce brouillard de l'épais vent de sable. Ce n'est pas pour me déplaire de me voir retarder ainsi la révelation d'un mythe. Car cette ville ( comme Tombouctou) a toujours été la cible de mon imaginaire, et voici que l'utopie deviant réalité: je suis à Djenné.
Hôtel au Djenné-Djeno. Classe mais cher.
Lundi 6/2/12: Djenné-Mopti-Bandiagara.Photos de Djenné
Visite de la ville et de son marché. Un guide (officiel, recommandé par nôtre hôtelière) compétent et instruit nous ouvre les portes des maisons et des terrasses, nous dévoile les différents quartiers, l'architecture originale et les coins singuliers. La mosquée est un bijou. Incontournable et majestueuse, elle reste problématique à mon esprit rationnel, A ses pieds, pour elle en quelque sorte et pour justifier sa présence, ceux qui s'en inspirent ouvrent là un marché varié, actif, et vivant, quoique pauvre et démuni.
Bac et route pour Mopti, son port, toutes pinasses dehors malgré l'harmattan, le chantier naval et sa mosquée, bien belle aussi. Bon moment de musique type blues-sahélien dans la rue devant la maison d'une mariée. La fête est joyeuse, les tenues superbes, la danse rythmée. Chaud.
Arrêt à Sévaré dans une boutique-coopérative d'artisanat malien (tissus, bijoux, objets de cuir et de bois). Achats importants dans le cadre d'un partenariat avec une association francilienne.
Bivouac en retrait de la bonne route de Bandiagara.
Mardi 7/2/12, Mercredi 8/2/12, et Jeudi 9/2/12: Séjour à Endé. Photos de Endé et sa falaise
Bonne piste depuis Bandiagara, cimentée dans l'impressionnante descente de la falaise). Important maraîchage d'échalottes sur le plateau. Sable mou au bas de la falaise.
Invités par le maire de la commune (14 villages ou quartiers, de ) nous seront pendant quatre jours les hôtes privilégiés d'une population reconnaissante et amicale nous donnant le statut de "citoyen" de Endé. Et ceci parceque JLA intervient comme émissaire de l'association "Un jardin au Mali" (www.jardinmali.free.fr) pour apprécier l'avancement de la reconstruction d'un barrage éventré par les pluies torrentielles des deux dernières saisons. Le chantier est actif et organisé, mobilisant une quarantaine d'hommes des villages environnants.
Par ailleurs nous transportons, depuis le début du voyage, des livres, fournitures scolaires, médicaments et materiel medical destines aux écoles et dispensaire du village. La remise de ces équipements provoque des rencontres et réunions traditionnelles dont le caractère solennel et sérieux n'exclut pas l'humour et le plaisir.
Décrire tout ce qui a pu se passer d'inhabituel et d'intéressant pendant ce séjour est impossible en peu de mots.
Ce qu'il faut retenir, c'est que le voyageur itinérant routinier qui programme trop d'objectifs dans pas assez de temps, ce voyageur n'aura qu'une impression superficielle et furtive du monde qu'il traverse. A l'inverse, poser son sac quelques temps et s'accorder au rythme de la vie que l'on partage suscite d'exceptionnelles aventures.
L'état mécanique du Patrol est inquiétant. Le radiateur fuit légèrement et tout le cadre avant, de la calandre au ventilateur est déboulonné, déssoudé, fissuré, démonté, mobile. Est-ce la rudesse des pistes guinéennes? Les vibrations de la tôle ? La succession des nids de poules? Petite matinee de mécanique et bidouillage et on verra bien! Par un pur hasard, nous croisons les Affaires Culturelles Maliennes qui ce jour filment les Danses Traditionnelles des Masques à Endé. Quelques Photos
Vendredi 10/2/12: Endé-Sangha-(Douentza)-Bandiagara:
Parcours splendide par les villages du pied de la falaise.
Quelques dunes de sable bien mou, mais de franchissement simple en dégonflant pour atteindre la passe de Sangha. Admirables vues dans la montée facile car cimentée.
On retrouve le maraîchage d'oignons et échalottes sur le plateau. Contraste superbe et coloré du vêtement des femmes sur le vert intense des cultures.
GO au bidon à Sangha. La piste pour Douentza reste introuvable malgré de nombreuses tentatives. Elle serait "gâtée" par les pluies depuis plusieurs années.
Retour vers Mopti et bivouac après Bandiagara. Le Patrol ne chauffe pas.
Samedi 11/02/2012: Bandiagara-Mopti-Rive gauche du Niger.
Contrairement à notre premier passage, Mopti est aujourd'hui baignée d'un beau et chaud soleil. Son port et la ville sont à nous seuls (et aux maliens!): pas un voyageur, pas un touriste, quel dommage. La rituelle (?) bière fraîche du café Bozzo est un régal. Pleins d'eau et GO, marché de frais, ravitaillement, artisannat, cadeaux.
Bac de Nantaka à cinq km au nord de Mopti et début d'une nouvelle aventure sur la rive gauche du Niger vers Ségou. Autant l'axe sud habituel, Ségou, San, Djenné, Mopti se développe et témoigne d'une activité se modernisant, autant de ce coté-çi du grand fleuve des siècles d'évolution semblent manquer.Pas d'éléctricité, pas de puits à margelle, pas d'école, pas de transport terrestre autre que la charette. Le fleuve, sans doute, est le moyen de communication, car les pinasses et les pirogues vont, viennent, accostent, et traversent. Les villages peuls et bozos se succèdent sur la rive, élevage modeste pour les uns et pêche maigre et ancestrale pour les autres. Belles petites mosquées de banco, toutes differentes, simples et harmonieuses. Ici la piste est peu marquée, incertaine, compliquée entre le fleuve, l'eau des bras morts et les marigots résiduels. Mais pas de soucis, partout les gens viennent à vous pour vous saluer, vous sourire et vous indiquer le bon chemin. Ici, le français n'est pas parlé et quelques gestes ou un dessin au sol suffisent.
Pire qu'une piste guinéenne ou que la tôle ondulée on découvre la glaise séchée après le piétinement de milliers de sabots des bovidés lors de la saison des pluies : rien n'existe de plus inconfortable, de plus secouant. Un régal, probablement, pour le déboulonnage du Patrol. Rencontré même config au Bénin, dans la Pendjarie mais il s'agissait de pattes d'éléphants ! ! Désolé Hors Sujet !
Bivouac sur la rive. Soirée douce et chaude.
Dimanche 12/2/12: Rives du Niger-Ségou.
Poursuite de la remontée du bord du fleuve. Un des points d'orgue du Voyage !
A Diafarabé, un large gué traverse un affluent du Niger. Le "Maître des Eaux" officie de nouveau, donne son accord, et les autos traversent. Trois cents bons mètres d'eau claire entre deux gerbes d'écume après tant de sable et de poussière. Plaisir.
Arrivée rapide à Massina, capitale de la région. Retour à la civilisation.
Bon goudron roulant pour Markala, puis Ségou en traversant les jardins et cultures de ces plaines irriguées.
Hôtel de l'Indépendance. Agréable resto, chambre confortable et propre. Bonne adresse.
Lundi 13/2/12: Ségou- Bamako.
Visite de Ségou, les potiers, le marché (l'un des plus fourni, calme et débonnaire du Mali: un vrai régal), longue ballade sur les bords du fleuve aménagés et propres. Regard sur les nombreuses villas coloniales et leurs jardins, architecture variée, amusante. Photos : Les potiéres de Ségou
Route pour Bamako. Sur le goudron le radiateur du Patrol ne fuit pratiquement plus. L'engin n'aura jamais chauffé.
Hébergement au "Séguéré"
Mardi 14/2/12: Bamako-Kayes.
Séparation avec JLA et son Toy qui remontera rapidement par la Mauritanie et le Maroc.
Route goudronnée par Diéma, tres bonne jusqu'à Sandaré. Gros trafic de camions venant et allant au Sénégal. De Sandaré à Kayes, c'est l'enfer, l'horreur. Le goudron est éxplosé sur 145 km. Cinq heures seront nécessaires pour rejoindre Kayes.
Hôtel et resto à l'hôtel-patisserie Médine. Sans intérêt.
Mercredi 15/2/12: Kayes-Frontière du Sénégal-Tambacounda.
Bon goudron pour la frontière.
Formalités de sortie du Mali simples et rapides.
Entrée au Sénégal facile mais pour les tampons et papiers des lieux différents sont dispersés dans la ville de Kidira: gendarmerie sur la route, police en ville et douanes plus loin. Etablissement du passavant et signature du carnet ATA sans problème. Pas d'attente, pas de complication, pas de corruption. L'assurance sera prise à Tambacounda. Le goudron des 30 premiers km est assez dégradé, mais le reste est très roulant.
Hébergement à l'auberge-restaurant Ninki-Nanka. Très bonne adresse.
Départ de BKO par la même rte, sortie du Mali et entrée en Mauritanie sans aucun pb à Goggui, stoppé à l'ouest de Tintane par la gendarmerie qui me demande de camper au bord de la route (je m'exécute, je n'ai pas le choix)
Le lendemain NKT puis hotel Barras (front Mauritanie / Maroc sans pb), campement à la sortie de Laayoune puis Agadir au Paradis Nomade et autoroute jusqu'à Tanger.
Liaison Tanger / Barcelone annulée, je remonte par la rte !
Jeudi 16/2/12: Tambacounda-Dakar.
Bon goudron sauf 45 km difficiles entre Kaolack et Fatick.
Hébergement chez des amis. Visite chez Nissan pour bilan et réparations: rien de trop grave et des pièces d'origine seraient obtenues en un à deux mois mais la remise en état peut être assurée plus simplement (à l'africaine) par les ateliers de mécanique et carosserie. La voiture, garée chez mes amis, sera prête pour un nouveau voyage au Sénégal dans quelques mois, et de nouveau pour la remontée finale avec parcours saharien en Mauritanie et Maroc vers la fin de l'année.
Vendredi 17/2/12, samedi 18/2/12, dimanche 19/2/12 et lundi 20/2/12:
Visite et découverte de Dakar.
Mardi 21/2/12:
Retour avion Dakar-Casablanca-Paris Orly-Perpignan.
Jérôme Beaufils 66.