Des partis d'opposition ont dénoncé hier des "irrégularités" lors des élections générales de dimanche en Tunisie, sans pour autant contester la victoire du président Zine El Abidine Ben Ali.
"Nous avons enregistré des irrégularités en bloc et en détail", a déclaré à la presse Mustapha Ben Jaafar, chef du Forum démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL, légal). C'était plus que surprenant", a-t-il ajouté, évoquant "en exemple" le fait qu'un seul observateur sur 14 proposés par son parti à Bizerte (nord) ait été autorisé à suivre l'opération.
Ecarté de la présidentielle, Ben Jaafar avait vu les listes de son parti amputées de moitié aux législatives et n'a obtenu aucun siège au parlement. "Le problème n'est tant dans les chiffres que dans la mentalité de ceux qui ont pris l'habitude de jouer seuls", a-t-il regretté, en référence au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir).
"Les résultats de la présidentielle étaient attendus dans la mesure, où cette élection ne présentait aucun enjeu électoral", a affirmé Ahmed Brahim, justifiant la reconduite de Ben Ali à 89,62% des voix. "Les élections ont été une nouvelle occasion manquée, les résultats ne reflètent guère la réalité des forces en présence", a-t-il estimé.