Auschwitz, c'est un peu le Disneyland de Cracovie, l'attraction majeure à ne pas manquer avant de quitter la ville, avec les mines de sel, la basilique Sainte-Marie et le château de Wavel, Panthéon local… Tous les quinze mètres, une boutique à la vitrine criarde vous encourage à profiter des prix fracassés du moment sur le « package Auschwitz-Birkenau en autocar climatisé avec toilettes et guide parlant votre langue ». N'importe quelle langue, hébreu compris.
Ça choque un peu, au début. Puis on s’y fait. Si des centaines de milliers de, hum, comment dire, « touristes » s’y rendent chaque année, il faut bien que ça soit un minimum organisé. Moi-même, j’avais commencé par me dire que je pourrais me débrouiller tout seul avec les bus de ligne ou les trains… Arriver à Auschwitz en train, j’imagine que ça doit faire quelque chose de spécial ― un peu comme une mise en condition préalable. Mais j’ai fini par me rendre à l’évidence : à quoi bon chercher à improviser et se compliquer la vie quand, pour un billet de 100 zlotys, soit 25 euros, on peut monter dans un car confortable dont le point de départ se trouve à un jet de pierre de votre hôtel et à bord duquel on vous propose de visionner un documentaire sur la libération du camp par les Russes pendant l’heure et demie que dure le trajet ?
La libération du camp, incidemment, c’était un 27 janvier. Le jour de mon anniversaire. Est-ce que c’est bon ou mauvais pour son karma, d’être né le jour de la libération d’une usine à tuer ? Allez savoir…
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