Voyages aux 4 coins de la planète mais aussi "Voyages Intérieurs" États d'âme et coups de gueule
Prises d'otages, déclarations chocs, légitimation par Oussama ben Laden lui-même, Aqmi prend du galon. Les autorités françaises sont même allées jusqu'à parler en septembre dernier d'un risque d'attentat en France perpétré par la «branche» sahélienne d'al-Qaida. Et si la vision politique et médiatique d'al-Qaida au Maghreb islamique cachait sa véritable nature, celle d'une entreprise, qui s'est diversifiée, a investi dans de nombreux secteurs de l'économie, légale comme illégale? En filant la métaphore de l'entreprise, voilà à quoi ressemble Aqmi.
Al-Qaida au Maghreb Islamique n'existe que depuis le 11 septembre 2006. Comme beaucoup de sociétés le font pour se relancer, le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) algérien choisit de changer de nom à cette date emblématique et de revendiquer son allégeance à un groupe plus large, plus «bankable» que lui: l'organisation terroriste qui à l'époque fait trembler le monde entier. Et le GSPC avait bien besoin de ce coup de pub. Si dans les années 1990, il comptait encore plusieurs milliers de membres, le nombre de ses employés n'a, depuis, de cesse de diminuer. Il fait face à un problème marketing: son discours ne convainc plus en Algérie. Résultat, les martyrs sont de moins en moins nombreux et ses réseaux logistiques se réduisent peu à peu sous la pression des attaques et de la politique de réconciliation du gouvernement algérien. Devant la diminution progressive de ses ressources, le GSPC se devait de réagir. «Le Sahel appartenait à la 9e région du GSPC. Dans un premier temps, cette branche de l'organisation devait comme le reste du GSPC combattre les forces algériennes. Mais par la force des choses, l'appui logistique ayant été coupé, le GSPC a été dans l'obligation d'étendre son territoire au-delà de ses bases algériennes et de chercher de l'argent ailleurs», explique Louis Caprioli, consultant pour le groupe GEOS et ancien sous-directeur de la lutte contre le terrorisme à la DST. Et aujourd’hui Aqmi se divise clairement en deux branches, la branche algérienne et celle qui intervient au Sahel.
Le Sahel, une zone en rébellion de plus de 40 ans, abandonnée par les pouvoirs centraux au Niger ou au Mali, était un territoire à prendre, un territoire où les populations vivent dans l'extrême pauvreté. Mais le Sahel est aussi le carrefour de tous les trafics (cigarettes, voitures volées, alcool, drogue, immigration clandestine). Pour ceux qui disposent d'armes, il y a toujours une manière de se faire de l'argent. (Carte: zone d'influence d'Aqmi / Orthuberra via Wikimedia Commons CC license by)
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