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e conflit russo-géorgien a remis en cause les fondements de la sécurité en Europe, estime l'institut d'analyse des conflits International Crisis Group (ICG), qui appelle aussi à des sanctions contre la Russie si elle ne retire pas ses troupes de Géorgie.
"Le conflit russo-géorgien a transformé la géopolitique du monde contemporain avec de lourdes conséquences pour la paix et la sécurité en Europe et ailleurs", note l'ICG dans un rapport publié samedi.
L'usage "disproportionné" de la force par Moscou après l'attaque géorgienne le 7 août contre l'Ossétie du Sud "constitue un changement décisif dans les relations entre Russes et Occidentaux", écrit l'institut, basé à Bruxelles.
La Russie a menacé "la stabilité" du Caucase, "les couloirs énergétiques vitaux pour l'Europe" et exprimé des revendications concernant les russophones qui "pourraient être utilisées pour déstabiliser d'autres ex-républiques soviétiques, y compris l'Ukraine", estime l'organisation.
Selon elle, l'Occident doit adresser un "message ferme à la Russie" et la menacer, si elle ne respecte pas le plan de paix, de "suspendre sa candidature à l'Organisation mondiale du Commerce ainsi que sa participation au G8 et de remettre en cause les JO d'hiver de Sotchi en 2014".
Moscou a fait preuve de "confiance en soi et d'agressivité" en "ignorant l'opinion internationale" et en étant prêt à accepter "l'ostracisme et la confrontation" pour atteindre son objectif de "recréer une zone de sécurité à ses frontières", relève l'ICG .
"Pendant près de deux décennies, le Kremlin a exprimé son intérêt pour une collaboration avec les institutions occidentales (...) mais il revient désormais à une posture plus classique de grande puissance, insistant pour jouer selon des règles spéciales", ajoute le centre d'analyse.
L'ICG n'exonère pas pour autant Tbilissi, soulignant que la tentative géorgienne de reprendre l'Ossétie du Sud par la force était "un calcul désastreux".
Il insiste aussi sur des "erreurs graves" de la part de l'Occident qui n'a pas assez poussé le président géorgien Mikheïl Saakachvili à chercher une solution viable dans ses républiques séparatistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.
La vente d'armes à Tbilissi sans s'assurer que celles-ci ne seraient pas utilisées contre les rebelles est une autre erreur soulignée dans le rapport, tout comme le soutien inconditionnel de Washington à M. Saakachvili malgré sa dérive "autoritaire".