La femme du XVIIIe siècle ne porte plus de caleçon et est donc à nouveau nue sous ses multiples jupons qu’elle dévoile ainsi que sa chemise.
Les jupons se portent sous la robe à la française, sur les paniers ; le jupon de dessus est toujours visible et a fonction de jupe. Les jupons de dessous, faits dans des tissus plus humbles, se placent sous le panier. Plus on avance dans « l’effeuillage » des jupons, plus leur nom est révélateur de l’intimité : la «modeste », le « fripon» et enfin la « secrète ». Le panier doit son nom à son aspect qui accentue la rondeur des hanches et la largeur de la jupe. Succédant au vertugadin, le panier est connu en Angleterre depuis 1711, et apparaît en France en 1718. D’abord réservé aux femmes riches, il se répand en 1730 dans toute la population. Le panier est composé de trois cerceaux de bois ou d’osier suspendus depuis la taille par des tiges verticales ou des rubans. Vers 1725, le panier prend l’aspect d’un jupon en toile gommée armé de cinq à huit cercles de jonc, d’acier natté ou de baleines qui lui donnent la forme d’un dôme.
Aux jeunes élégantes, la mode impose le corps à baleine lacé dans le dos et / ou devant. L’envers est assez grossier, fait en toile de lin écrue ; en revanche, l’extérieur est recouvert de tissus luxueux. Pour la ville, le corps est muni de bretelles dessinant un décolleté carré, alors que le corset du grand habit de cour est doté d’un décolleté ovale. Assurant un buste stylisé et un port altier, le corps symbolise la supériorité de la femme aristocratique sur la femme du peuple. La femme de condition modeste n’ayant quant à elle pas de dessous, elle porte une jupe et une chemise avec un corselet lacé qui marque la taille et soutient les seins.
Au XVIIIe siècle, la chemise est une tunique un peu évasée descendant sous le genou, à manches mi-longues rapportées par des coutures droites et un soufflet. Des coulisses permettent de rendre ces manches bouffantes et de varier la largeur du décolleté notamment pour enfiler la chemise. Elle est en toile épaisse pour résister au frottement du corps à baleine. Les bordures de dentelles des manches et du col, ajoutées ou cousues à la chemise, dépassent de l’habit. Les dessous pointent donc hors du vêtement de dessus.
Ainsi déshabillée, la femme du XVIIIe siècle passe une chemise de nuit pour se coucher. Les chemises de nuit se compliquent: on y ajoute des lacets, des rubans et des dentelles ainsi qu’un petit casaquin jeté sur les épaules pour recevoir; car il est d’usage de recevoir dans sa chambre et on porte sa chemise de plus en plus tard dans la matinée. On ne dort nu que lors de la nuit de noces, comme le souligne Molière, non sans humour, par la bouche de Cathos dans Les Précieuses ridicules: «…le mariage [est] une chose tout à fait choquante. Comment est-ce qu’on peut souffrir la pensée de coucher contre un homme vraiment nu ». Ainsi les volants apparents des jupons et des chemises participent de l’esprit galant tout comme les jarretières qui soutiennent les bas, parfois ornées d’inscriptions à caractère libertin.