Le brouillard n’arrivait pas à se dissiper, lui non plus : ses pensées vagabondaient dans l’infinie profondeur virtuelle de ses fantasmes.
Soudain, comme un gémissement, un couinement, un grincement, un crissement : un bruit de boite, de cardan ? Le chemin qui conduit au sommet est trop caillouteux, trop malaisé pour lui, il a horreur de marcher, de monter, de trébucher ; son pied est mille fois tordu, ses chevilles le font souffrir.
Un autre chemin sablonneux s’enfonce sur la droite : était il donc sur une crête, sur un chemin de crête ? Deux traces sur la droite, bien parallèle, peu profondes mais bien visibles, elles descendent vers une plaine douce et blanche, en bas la trace disparaît, à moins qu’il soit beaucoup trop loin pour continuer à la parcourir du regard. Au loin, très loin : deux auto !
Envahisseurs ? Il n’aime pas rencontrer quand il pense être seul, et cependant comme il aime partager en d’autres circonstances ces rondeurs blanches de sable chaud. Les « Montagnes Bleues », au nord – est de l’Aïr (Niger) émergent de ces rondeurs qui du blanc passent à l'ocre.
Mais pourquoi revient il toujours dans ce coin d’Afrique ? Peut être parce qu’en 2001 une nuit, à l’Est d’Agadez, il fit l’amour avec les étoiles et en ressenti un profond bouleversement.
Il poursuit son chemin, le brouillard s’est levé, l’air est doux comme une caresse ; il marche sur la plat, plus de cailloux, plus de sable non plus, une sorte de latérite fine et ferme, ses pas marquent le sol mais ne s’y enfoncent point. Les deux auto sont loin derrière lui, il ne les entend pas.
… à suivre !