Il y avait déjà Moussa Kaka, correspondant de RFI au Niger, qui aura 100 jours en prison samedi prochain. A la même date, Ibrahim Manzo Diallo, directeur du journal Aïr Info, aura passé 80 jours derrière les barreaux. Depuis le 21 décembre dernier, ils sont rejoints par deux journalistes de la chaîne franco-allemande ARTE. Moussa est à la maison d’arrêt de Niamey, Ibrahim à Agadez ( 1.000 Km de Niamey), Thomas Dandois et Pierre Cresson croupissent à Kollo (25 Km de Niamey). Pour tous les quatre, le chef d’accusation est presque le même : avoir pris langue avec les rebelles du MNJ, ce qui est synonyme d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Pourtant, il n’y a aucune loi qui interdit l’accès à la zone Nord. De même, jusqu’ici, les rebelles ne sont pas péna-lement poursuivis par le gouvernement. Enfin, celui-ci a toujours clamé avoir le contrôle de tout le territoire national. Alors pourquoi continue t-il à empêcher aux journalistes d’aller aux sources de l’information ?
Pourquoi refuse t-il le droit du public à l’information ? Lancina Camara, prési-dent de l’Union internationale des journalistes africains (UIJA) est, depuis quelques jours, au Niger pour plaider la cause de nos quatre confrères, afin qu’ils soient libérés parce qu’ils n’ont fait que leur travail. Avant lui, Robert Ménard et Léonard Vincent de RSF et Ibrahima Coulibaly, président de l’Union des Journalistes d’Afrique de l’ouest, ont séjourné au Niger dans le même cadre.