Grains de Sable
Dans les yeux, collés à la peau par la sueur, dans le nez et les oreilles, sous les ongles ; ils sont partout, dans l’auto, sous et sur l’auto.
« JL, ou as-tu mis ta pelle et ton seau ? »
« La pelle est là, sous l’auto et à défaut de seau, j’ai deux plaques trouées, sous l’auto également »
Mais que la dune est belle en cette fin d’octobre dans le Grand Erg Occidental entre Metlili et Timimoun ! « Vous connaissez Timimoun, encore appelée l’Oasis rouge ? »
Ça a commencé comme une balade entre copains, 3 auto, 2 jeunes (43 ans) et moi ; ambiance amicale et détendue, les kilo de goudron sont vite avalés, les guides pas chiants, parlent pas un mot de français ; je m’y étais un peu « habitué » en Libye en nov 2006, le flic dans l’auto lisait les sourates du Coran et j’avais commencé à m’habituer à cette mélodie mais ……….. autant je n’avais aucun problème avec la mélodie, autant avec les paroles ! ! ! ! ! !
Tout de blanc vêtus, du moins les premiers jours, les 2 guides essayaient de nous faciliter le passage entre les cordons. Sauf que le moins jeune (ils me paraissaient à moi vieux tous les deux !) avait piloté toute sa vie des dromadaires et très peu souvent des 4X4, il avait donc de ce fait un sens particulier des trajectoires et des franchissements dunaires ! Bref, nous nous plantions souvent, surtout moi !
Néanmoins, les cordons à perte de vue sont un cadeau des Dieux.
Des gassis peu, assez peu différenciés par rapport aux cordons et parfois parsemés de quelques arbustes, végétaux rabougris condamnés à mourir là, oublié au bagne des acacias qui ont commis un délit grave, celui de vouloir vivre ou tout meurt !
« Et le sable : Porteur ? »
« Ben NON, pas toujours porteur et surtout pas porteur la ou on aimerait qu’il le soit ! »
Sable, pelle, plaques ……………. J’oubliais, sangle !
C’était en quelque sorte pour moi une nouvelle approche de l’Algérie et des Grands Cordons ; la Mauritanie et l’Oubari ne m’avaient pas laissé un mauvais souvenir, j’en avais même retiré une certaine fierté puisque j’étais de ceux avec mon 78 qui se plantaient peu. Bref ! J’étais assez confiant dans ma conduite dans le sable. Timimoun révéla mes faiblesses et m’incita à plus de modestie !
« Y reviendras tu ? »
« Je ne pense pas . . . . . ou alors avec une autre auto moins lourde, plus courte et plus puissante ; j’ai vu là les limites du HZJ 78 »