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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 11:01
J'ai passé une heure ou deux dans ce lycée qui ressemble à ces lycées de France des années 70. C'est moche, mais ici c'est horrible. Dans la cour un portique ou les prisonniers étaient pendus par les bras liés dans le dos.

Par ces lignes, je veux témoigner !

Par ces lignes, je veux dire à ceux qui les lisent que plus jamais on ne devra tolérer ça  !

En 1975, pendant que les khmers rouges exterminaient 2 à 3 millions de Cambodgiens, étudiant à Toulouse, je vivais des jours heureux !
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Le musée de Tuol Sleng est un ancien lycée (Tuol Svay Prey: la colline du manguier sauvage) situé à Phnom Penh qui a été transformé par les Khmers rouges en centre de détention, de torture et d'exécution entre 1975 et 1979. Le lycée avait alors comme nom secret prison de Sécurité 21 ou S-21.
Actuellement ce lycée peut être visité. Il contient, outre les restes quasi complets des bâtiments de torture et d'emprisonnement, de nombreux objets de torture et de très intéressantes archives. Il est aussi possible de visionner un film, l'histoire de Hout Bophana.

Histoire [modifier]

On peut traduire Tuol Sleng par "Colline empoisonnée", révélateur du lieu, tandis que l'ancien nom de l'école, Tuol Svay Prey, signifie quelque chose de complètement différent.

Les Khmers rouges enfermaient à S-21 tous les opposants supposés au régime, sur n'importe quel motif, valable ou non. Les personnes enfermées étaient aussi bien des jeunes que des personnes plus âgées. Il y avait des femmes, des enfants, et parfois des familles entières (bébés y compris) d'ouvriers, d'intellectuels, de ministres et de diplomates cambodgiens, mais aussi des étrangers (Indiens, Pakistanais, Anglais, Américains, Canadiens, Australiens...) Le simple fait de porter des lunettes (y compris pour les enfants) était suffisant pour être considéré comme intellectuel et donc "à exterminer".

La cour du lycée fait approximativement 400 m sur 600 m. Les anciennes classes du deuxième étage servaient de salles de détention communes (Chambre D). Les gens y étaient enfermés à environ 50 personnes, allongées par terre en alignements serrés, les familles regroupées. Les pieds des détenus étaient attachées à de longues barres de fer par des anneaux en fonte. Après leur arrivée et la photo, tous les détenus étaient rassemblés là et numérotés.

Un gardien s'occupait régulièrement de fouiller les personnes qui étaient allongées, pour voir si elles ne disposaient pas d'un stylo pour se suicider en se crevant la gorge (une personne s'est suicidé comme cela), ou bien d'un boulon ou d'une vis pour se suicider aussi en l'avalant. Le réveil était à 4h30 du matin. On donnait aux prisonniers une bouillie de riz le matin à 8h et le soir à 20h, et dans la journée on ne leur donnait pas d'eau. Les gens faisaient leurs besoins dans une boîte militaire en métal qu'un gardien leur apportait.

Les salles de classe du premier étage n'étaient pas reliées entre elles à l'origine, mais les khmers rouges ont cassé les murs pour faire un couloir central, des deux côtés duquel ont été fabriquées de petites cellules sommaires en brique, avec des portes de bois à lucarne carrée, permettant aux gardiens de regarder en permanence ce qui se passait dans les cellules. Les cellules étaient de taille variable, les plus petites d'environ 1,5m² contenant 3 personnes, parfois plus. Pour certains prisonniers, les gardiens avaient écrit des instructions sur l'intérieur des portes, qui prescrivaient un conseil à respecter pour le détenu. Dans le film S21, l'une de ces instructions est traduite.

Les anciennes classes plus petites, situées dans un bâtiment séparé (bâtiment B), et possédant des fenêtres à barreaux métalliques, servaient de salles de torture individuelles. On y attachait les prisonniers (hommes ou femmes) sur des sommiers en fer et on les torturait afin qu'ils "avouent". La plupart avouaient des "fautes" qu'ils n'avaient pas commises. Ce qu'ils disaient était transcrit sur du papier. Lorsque l'aveu ne plaisait pas, le tortionnaire en faisait une boule qu'il jetait dans un coin de la salle, et le prisonnier était à nouveau torturé pour en tirer un nouvel aveu. Les tortionnaires donnaient aux détenus des "idées" d'aveu : par exemple un lien avec la CIA, le KGB, ou encore un quelconque système démocratique, "capitaliste", ou "impérialiste".

Les tortionnaires se divisaient en trois groupes : Les "Gentils", les "Chauds", et les "Mordants". Lorsque les prisonniers n'avouaient rien au groupe des "Gentils", qui était un groupe politique, ils étaient pris en charge par le groupe des "Chauds", et ainsi de suite jusqu'au groupe des "Mordants".

Dans le film S21, un ancien gardien décrit l'utilisation d'un sac plastique pour étouffer les détenus, et des pinces pour lui lacérer les chairs.

On voit sur les peintures faites par Vann Nath (peintre ancien prisonnier ayant travaillé de manière forcée pour les dirigeants Khmers rouges) certaines scènes de torture retranscrites, comme le dépôt de scolopendres et autres insectes piqueurs sur le ventre des prisonniers, ou des tortures visant à étouffer les prisonnier à l'aide d'une cuve pleine d'eau dans laquelle on les pendait par les pieds.

Administration [modifier]

Kang Kek Ieu (ou Kang Kech Eav), alias "Douch" ou "Duch", était le maître du complexe de Tuol Sleng, était un ancien enseignant. Il a été inculpé en 2007 pour crimes contre l'humanité.

Les gardiens photographiaient soigneusement les prisonniers au moment de leur arrivée, ainsi qu'avant ou au moment de leur mort, alors que leurs gorges étaient tranchées, leurs corps mutilés par les tortures et si décharnés par la faim qu'ils étaient presque méconnaissables : Les photographies faisaient partie d'un système destiné à prouver que les ennemis de l'état avaient bien été tués. Les khmers rouges tenaient également des registres d'entrées et sorties des prisonniers (morts ou voués à la mort) de la prison.

Les registres et les photos ont permis de révéler qu'au total environ 10 500 prisonniers y sont resté trois mois en moyenne, en plus des 2000 enfants qui y ont été tués. Duch assignait même des jours spécifiques pour tuer certains types de prisonniers : un jour les femmes de "l'ennemi", un autre jour les enfants, et un autre les travailleurs des usines.

Les gardes avaient entre 10 et 15 ans, et sous l'endoctrinement de leurs aînés, devenaient rapidement beaucoup plus cruels que les adultes. Les règles de l'Angkar (le Parti révolutionnaire) stipulaient que les relations amoureuses étaient interdites. Mais de nombreux khmers rouges étaient en pleine croissance libidinale, et certains violaient les filles ou les femmes du camp, en faisant cela en cachette, le plus discrètement possible.

Sur les 16 à 20 000 prisonniers de Tuol Sleng, personne ne s'est échappé. À la libération du camp, il y avait sept survivants.

Il est aussi possible de visiter le site d'extermination de Choeung Ek, dénommé "Killing Fields", lié à la prison et situé à quelques kilomètres dans les champs.

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Published by Jean Louis ALONSO - dans CAMBODGE
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